
Le match que beaucoup résument à une simple moyenne d’images par seconde est en réalité plus embarrassant pour Windows qu’il n’y paraît. Car même lorsqu’il garde l’avantage en jeu, Linux continue de grignoter du terrain sur des points que les joueurs surveillent de plus en plus.
Windows vs Linux gaming : un duel testé sur une base très favorable à Linux

Meta PCs a opposé Windows 11 à Fedora Linux 44 sur une configuration 100 % AMD composée d’un Ryzen 7 9850X3D, d’une XFX Swift Radeon RX 9070 XT 16 Go et de 16 Go de RAM. Les pilotes AMD sous Linux placent ici le système libre dans des conditions plutôt idéales.
Les essais ont été réalisés sur les dernières versions des deux OS, à résolution identique, avec une moyenne calculée sur trois passages. Point important, tous les jeux utilisés étaient des versions Windows exécutées via la couche de compatibilité Proton de Valve.
Benchmarks applicatifs : Linux devant

Sur les tests synthétiques, Windows 11 cède du terrain. Dans Geekbench 6, Linux prend environ 3 à 4 % d’avance, en single-core comme en multicore.
Le même constat revient dans Blender, avec un gain de 4 à 10 % pour Linux selon la scène. Autrement dit, hors jeu, Fedora montre ici une meilleure efficacité globale.
En jeu, Windows 11 reste devant, mais l’écart n’éteint pas le débat
La hiérarchie s’inverse dans les jeux. Sur Cyberpunk 2077 en 1440p, Windows signe 9 FPS de mieux, soit environ 6 %, puis 7 % d’avance en 4K avec le preset High.

Arc Raiders donne aussi l’avantage à Windows avec 9 % de FPS moyens en plus, mais surtout des 1 % lows nettement supérieurs, un point qui pèse davantage sur la fluidité perçue. Marvel Rivals affiche de son côté un gain plus modeste de 5 % pour l’OS de Microsoft.
Le testeur en conclut logiquement que Windows reste aujourd’hui le meilleur système pour jouer, notamment grâce à ses performances un peu plus solides et à une prise en charge plus constante par les développeurs, en particulier sur les fonctions d’anti-cheat.
Au-delà du duel brut sur les FPS, la question se déplace aussi vers les leviers qui peuvent encore réduire l’écart côté Linux, à commencer par la latence et les couches de compatibilité qui gagnent en maturité avec les outils de réduction de latence pour Linux gaming.
Pourquoi le verdict ne se limite plus aux performances
Les réactions ont surtout mis en avant le choix de Fedora « vanilla », jugé peu représentatif par une partie des utilisateurs Linux. Des distributions comme Bazzite, CachyOS ou Nobara Linux embarquent des noyaux plus récents ainsi que divers ajustements système susceptibles d’améliorer les performances.
D’autres estiment qu’un gain inférieur à 10 % ne compense pas nécessairement les griefs adressés à Windows, entre la confidentialité, l’intégration croissante de fonctions IA ou certaines décisions d’interface. Plusieurs commentaires avancent aussi que Linux pourrait mieux se défendre sur du matériel un peu moins puissant ou plus ancien, par exemple avec un GPU RDNA 3, grâce à un système plus léger en arrière-plan.
La question des mises à jour forcées revient également, avec les risques bien connus de bugs, d’instabilité et, dans de rares cas, de problèmes matériels. Ce n’est donc plus seulement un arbitrage entre compatibilité et FPS, mais un choix d’environnement global.

Ce test illustre surtout une bascule lente du marché PC : Windows conserve l’avantage pratique pour la majorité des joueurs, mais Linux n’est plus seulement une alternative militante. Tant que Proton progresse et que les distributions orientées jeu peaufinent leur intégration, l’écart résiduel de performances risque de compter moins que la stabilité, la politique logicielle et le confort d’usage au quotidien.
Source : TechPowerUp