
UGREEN muscle sa gamme de NAS avec le DXP4800 GT, un quatre baies qui bouscule son segment par un duo de ports 10 Gigabit, un SoC x86 AMD et une prise en charge d’options franchement professionnelles, sans complexifier l’expérience d’installation. Châssis compact en aluminium microbillé, façade sobre noir/doré avec numérotation des emplacements, filtres magnétiques anti-poussière et unique ventilateur arrière en aspiration : la base est propre et cohérente pour un usage 24/7 domestique ou studio.
Plateforme x86, double 10 GbE et stockage hybride
Le DXP4800 GT s’appuie sur un AMD Ryzen Embedded R2514 (River Hawk, 12 nm), 4 cœurs/8 threads, 2,1 à 3,7 GHz, avec Radeon Vega 8 (512 SP à 1,2 GHz). Un choix rare à ce niveau, pertinent pour transcodage multimédia, accélérations légères côté GPU et quelques usages IA locaux. La carte mère propose deux slots mémoire avec support ECC, deux M.2 pour SSD NVMe et surtout deux emplacements U.2 sur les baies 1/2 pour SSD 2,5 pouces PCIe de classe entreprise. Côté I/O : HDMI, USB-C/USB-A 3.2 10 Gb/s en façade, USB-A 3.2 et 2.0 à l’arrière, bouton Reset et alimentation 150 W. Deux câbles Cat.7 sont fournis, ainsi que dissipateurs SSD et coques thermiques U.2.

Les tiroirs sans vis facilitent l’assemblage, avec verrouillage mécanique en façade pour sécuriser les disques. L’accès inférieur aux slots RAM/M.2 simplifie les évolutions, et la compatibilité ECC rassure pour les charges longues. Le RAID est géré classiquement : RAID 0 pour la perf, RAID 1/5 pour la tolérance de panne, avec création de pool de stockage en quelques clics. La gestion des utilisateurs et groupes est claire, adaptée à un foyer comme à un petit bureau.

Sur le terrain, cette logique d’évolution rappelle d’autres boîtiers qui cherchent à concilier simplicité d’usage et marge de progression, à l’image du DH Series d’UGREEN, davantage tournée vers le grand public. Ici, le DXP4800 GT vise plus haut, avec une base matérielle nettement plus ambitieuse.
Performances réseau et usages concrets
Sur réseau 10 GbE et RAID 0 en disques durs, les transferts SMB réels se stabilisent autour de 350 à 500 Mo/s, cohérents avec les limites mécaniques en agrégat. En ajoutant un SSD M.2, les débits grimpent à ~850 Mo/s en lecture/écriture, niveau suffisant pour monter et dérusher directement depuis le NAS en 4K log sans saccades. Les deux ports 10 GbE autorisent l’agrégation pour améliorer le débit agrégé en multi-postes. Sur Wi‑Fi 7, l’app mobile dépasse 100 à 125 Mo/s en LAN selon smartphone. En 5G via l’accès distant UGREENlink, on a mesuré ~7 Mo/s en téléchargement et ~10 Mo/s en envoi, bridés surtout par l’upload de la connexion domestique.

Le centre multimédia intègre scraping TMDB, affichage en mur d’affiches, métadonnées complètes, reprise de lecture synchronisée, choix de piste/sous-titres et téléchargement de sous-titres en ligne. La lecture distante s’adapte avec sélection de définition pour préserver la fluidité ; un fichier 4K de ~25 Go lu en 720p sollicite à peine le GPU. Le lecteur audio gère jaquettes et paroles synchronisées, y compris traduction pour les titres étrangers. Côté téléchargements, le système propose un client torrent/liens et la synchro de multiples clouds tiers, pratique pour déporter les tâches sur une machine allumée en continu.
La nouvelle Photothèque 2.0 apporte un vrai saut d’usage : timeline fluide (vue année/mois/jour), filtres avancés (EXIF, boîtiers, personnes), favoris, et surtout indexation locale avec modèles d’IA pour visages, animaux, textes, doublons/similaires et recherche sémantique. Les « albums bébé » et « albums conditionnels » automatisent des vues récurrentes sans dupliquer les fichiers, avec partage par lien ou par comptes internes. L’ensemble tourne en local pour préserver la confidentialité, avec UGREEN AI en pilote minimal des modèles dédiés à la galerie.
Cette approche n’est pas isolée dans le segment : d’autres constructeurs explorent déjà des formats hybrides plus ouverts, comme le N3A d’ACEMAGIC, qui mise lui aussi sur un APU Ryzen Embedded et des options proches de l’univers workstation. La différence, ici, tient surtout à l’ampleur de l’écosystème logiciel que UGREEN pousse autour de ses fonctions photo et IA.
Docker en un clic, y compris IA locale
L’App Center a mûri : beaucoup d’outils avancés sont empaquetés en Docker et s’installent en un clic, le système déployant automatiquement le runtime si absent. UGREEN pousse aussi des conteneurs d’outils IA prisés (OpenClaw, Hermes Agent) avec assistants de configuration simplifiés. Le positionnement x86 et la présence de la Vega 8 ouvrent la porte à de petits workflows d’inférence sur site pour la photo, l’assistant documentaire ou l’automatisation maison, sans exposition des données.
En cumulant double 10 GbE, U.2 sur deux baies, M.2 internes, ECC, et un APU Ryzen Embedded, UGREEN bouscule les codes d’un milieu de gamme souvent figé sur du 2,5 GbE et de l’ARM. La proposition place la marque face aux références historiques avec un rapport fonctionnalités/prix agressif et un système qui progresse vite côté apps. Si UGREEN maintient ce rythme sur la partie logicielle (sécurité, monitoring, orchestrations réseau avancées), ce type de NAS hybride pourrait accélérer l’adoption du montage 4K collaboratif et des cas d’usage IA domestiques en edge, domaines où l’offre « clé en main » restait jusqu’ici élitiste.
Source : ITHome