
Des milliers d’humanoïdes devront apprendre ensemble avant que Tesla puisse en fabriquer un million par an. En parallèle, Elon Musk prépare une usine de semi-conducteurs dont il compare déjà la valeur économique à celle d’un grand pays.
Tesla Optimus doit encore franchir 10 000 obstacles industriels

Lors de la conférence consacrée aux résultats du troisième trimestre de Tesla, Elon Musk a détaillé les contraintes entourant la montée en cadence d’Optimus. À ses yeux, « 10 000 choses » doivent fonctionner correctement, la production progressant nécessairement au rythme du maillon le plus lent.
L’essentiel des équipements destinés à une ligne capable de sortir un million d’unités par an serait déjà arrivé à Fremont. Musk estime toutefois qu’il faudra au moins un an, voire davantage, pour atteindre un rythme annualisé de 20 000 robots par semaine.
Ces propos recadrent les objectifs précédemment évoqués. Musk avait parlé l’an dernier d’un million de robots en 2026, après une production formulée dans la source comme comprise entre 50 000 et 10 000 unités en 2025, puis d’une multiplication par dix cette année. La sécurisation d’une chaîne logistique mondiale, la construction d’une grande usine et la sûreté du design restent déterminantes.
Tesla espère résoudre les principaux problèmes de conception d’ici fin 2027. Musk continue néanmoins de présenter Optimus comme appelé à devenir « le plus grand produit sur Terre ».
Une académie pour générer les données d’entraînement
La disponibilité des données constitue l’autre goulet d’étranglement. Tesla prévoit de fabriquer environ 10 000 à 20 000 « Optimi », nom donné par Musk aux premiers robots, puis de les faire travailler en auto-apprentissage au sein d’une « Optimus Academy ».

Cette école doit permettre aux machines de répéter un large éventail de tâches et d’alimenter une boucle d’amélioration continue. Musk reconnaît que plusieurs éléments de l’architecture d’IA restent encore à finaliser.
À Taïwan, Tesla travaillerait déjà à la constitution de sa chaîne d’approvisionnement. Mirle Automation et Asia Optical figureraient parmi les fournisseurs envisagés pour les réducteurs harmoniques, modules articulaires, actionneurs et autres composants mécatroniques.
Terafab vise ses premières puces utiles en 2028
Le projet Terafab avance également à Austin. La mise en service des équipements doit commencer au premier semestre de l’année prochaine, avec une première puce de test attendue vers mai ou juin, essentiellement pour vérifier que l’installation peut produire un circuit fonctionnel.
Le calendrier prévoit une production initiale de quelques milliers de wafers par mois afin d’expérimenter, avant une montée à 100 000 wafers mensuels, puis potentiellement à un million. L’objectif est de fabriquer une puce exploitable en volume autour du troisième trimestre 2028.
Intel est présenté comme un partenaire majeur avec son procédé 14A de nouvelle génération. Le fondeur prévoit lui-même le démarrage de la production en volume de ce nœud au premier trimestre 2028, mais Musk n’a pas précisé quelle place le 14A occuperait dans les premières séries de Terafab.

L’usine doit notamment soutenir les puces AI5 destinées à Optimus. Musk affirme que sa valeur économique pourrait la placer parmi les 20 premiers pays mondiaux, une comparaison spectaculaire qui reste impossible à étayer tant que les rendements, capacités effectives et coûts de production ne sont pas connus.
Les GPU à grande échelle restent un défi de fiabilité
Musk a également tempéré l’enthousiasme autour des fournisseurs spécialisés dans le calcul IA. Malgré le déploiement rapide de centaines de milliers de GPU pour Colossus et l’objectif de porter une seule installation à 1,2 million de puces d’ici la fin de l’année, il juge extrêmement difficile de rendre une telle puissance à la fois disponible et fiable.
Le contexte boursier illustre cette fragilité. La neocloud sud-coréenne Elice, qui prépare des centres de données portables et se voit comparée à CoreWeave, a perdu plus de 30 % lors de son introduction en Bourse mardi. Une autre neocloud australienne soutenue par NVIDIA avait abandonné son projet d’introduction début octobre au profit d’un placement privé.
Les ambitions de Tesla relient ainsi trois chantiers interdépendants : robotique, données d’entraînement et fabrication de semi-conducteurs. Le calendrier restera exposé au moindre retard sur les actionneurs, les rendements de gravure ou l’infrastructure de calcul, ce qui rend l’objectif industriel bien plus contraignant que la seule démonstration d’un prototype.
Source : Wccftech