
Le NAS domestique et PME entre dans une nouvelle phase : TerraMaster veut désormais y faire entrer l’IA au niveau du système lui-même. Avec son F4-425 Pro, la marque ne vend plus seulement du stockage réseau, mais une plateforme locale pensée pour automatiser, classer et administrer les données par langage naturel.
Le lancement mondial du TerraMaster F4-425 Pro est calé au 23 juin, en même temps qu’Amazon Prime Day. Pour l’occasion, le constructeur annonce une remise temporaire de 20 % sur ce modèle, en plus d’autres promotions pouvant aller jusqu’à 25 % sur sa gamme NAS et DAS.
TerraMaster F4-425 Pro : un NAS 4 baies qui mise sur TOS 7

Le F4-425 Pro est un NAS 4 baies présenté comme le nouveau fer de lance de TerraMaster. Il repose sur TOS 7, que la marque décrit comme le premier système d’exploitation de NAS nativement conçu autour de l’IA, avec interaction en langage naturel, calcul local et ouverture accrue aux développeurs tiers.
Pour mesurer le chemin parcouru, on peut aussi regarder les NAS hybrides TerraMaster F4-425 Plus et F2-425 Plus, qui misaient déjà sur la modularité et le débit plutôt que sur l’IA système.
L’idée est claire : réduire la dépendance aux interfaces classiques, aux lignes de commande et aux étapes de configuration manuelles. TerraMaster met en avant un pilotage conversationnel capable de couvrir la configuration système, l’administration du stockage et le déploiement d’applications à partir de simples requêtes textuelles.
OpenClaw, API et IA locale au cœur du système
TOS 7 s’appuie sur plus de 500 API RESTful modulaires, exposant pour la première fois, selon TerraMaster, des interfaces système de bas niveau à des agents IA et à des développeurs tiers. Le système prend aussi en charge des conversations à plusieurs tours, des requêtes ambiguës et des règles conditionnelles du type : verrouiller immédiatement tous les dossiers partagés si un ransomware est détecté.
L’agent OpenClaw doit permettre d’exécuter des tâches comme la création d’un dossier partagé de 2 To pour une équipe ou l’activation de snapshots hebdomadaires. TerraMaster insiste aussi sur le traitement local : reconnaissance faciale dans les photos, tri automatique des fichiers et analyse sémantique sont censés s’exécuter directement sur le NAS, sans sortie des données utilisateur.

Intel N350, 16 Go DDR5 et double 5GbE
Sur la partie matérielle, le F4-425 Pro embarque un processeur Intel N350 à 8 cœurs, annoncé avec une enveloppe de 7 W, accompagné de 16 Go de mémoire DDR5. La connectique réseau repose sur deux ports 5GbE, avec agrégation de liens pour atteindre jusqu’à 1010 Mo/s de débit cumulé.
TerraMaster positionne clairement la machine sur des usages plus lourds qu’un simple partage de fichiers : montage 4K et 8K en temps réel, accès concurrents pour plusieurs dizaines d’utilisateurs, exécution simultanée de machines virtuelles et de conteneurs Docker. Le constructeur évoque aussi le transcodage matériel Dolby Vision et HDR pour un usage multimédia domestique.
La partie stockage n’oublie pas la souplesse d’évolution. Le NAS prend en charge le TRAID maison pour mélanger des disques de capacités différentes et étendre le volume en ligne sans migration de données. S’ajoutent TerraSync pour la synchronisation temps réel entre NAS, PC, Mac et mobiles, ainsi qu’une synchronisation bidirectionnelle avec OneDrive, Google Drive et Dropbox.
Sauvegarde, sécurité et profils visés
TerraMaster pousse fortement l’argument sécurité avec son dispositif BBS. Au programme : protection ransomware en temps réel, technologie HyperLock en WORM immuable et stratégie de sauvegarde automatisée 3-2-1-0. En cas de chiffrement suspect, le système doit verrouiller les dossiers ciblés, isoler les snapshots concernés et envoyer immédiatement des alertes.
Le fabricant cible plusieurs profils. Les studios créatifs peuvent activer l’optimisation double 5GbE pour Final Cut Pro, Adobe Premiere Pro ou DaVinci Resolve. Les petites structures y gagnent un outil centralisé pour les permissions, les sauvegardes de plus de 50 PC et le suivi de sécurité. Les développeurs peuvent déclencher une chaîne Git Pull, Build puis Deploy via OpenClaw, avec compatibilité GitLab Runner, Jenkins et machines virtuelles Ubuntu ou Debian. À la maison enfin, le NAS est présenté comme une bibliothèque média privée avec sauvegarde automatique des photos mobiles et classement par date, visages et lieux.
Sur le fond, TerraMaster tente surtout de déplacer la valeur d’un NAS du matériel vers la couche logicielle. Reste à voir si l’approche IA native tiendra dans l’usage réel, car entre un assistant convaincant et une promesse marketing de plus, l’écart se mesure surtout à la fiabilité de l’automatisation, à la sécurité des API exposées et à la maturité de l’écosystème tiers.
Source : TechPowerUp