
Avant de bâtir sa propre infrastructure, Elon Musk aurait tenté de prendre un raccourci en rachetant des usines existantes. Les refus essuyés auprès de trois poids lourds des semi-conducteurs l’auraient contraint à revoir entièrement son approche industrielle.
Terafab partira finalement d’une feuille blanche

D’après le média coréen The Elec, le dirigeant de Tesla et SpaceX aurait d’abord envisagé l’acquisition de sites appartenant à Intel, TSMC et Micron. Ces groupes ayant décliné, le projet Terafab se serait réorienté vers une construction ex nihilo et des partenariats technologiques.
Intel participerait désormais directement au programme par l’intermédiaire de son procédé 14A. TSMC pourrait aussi intervenir, mais uniquement comme sous-traitant d’après Musk. Lors de la dernière conférence financière du fondeur taïwanais, son PDG C.C. Wei a confirmé l’existence de discussions, tout en précisant que TSMC devrait exploiter les usines pour qu’un accord soit envisageable.
Terafab serait également en pourparlers avec plusieurs fournisseurs coréens ainsi qu’avec les américains Lam Research et Applied Materials. Le périmètre couvre notamment les canalisations, les boues de polissage, les produits chimiques de nettoyage et d’autres consommables indispensables à la fabrication de semi-conducteurs.

Un objectif d’un million de wafers par mois
La première étape viserait une capacité de 100 000 wafers par mois avant 2030. Musk ambitionne ensuite de porter la production mensuelle à un million de wafers. The Elec rapporte par ailleurs que la rapidité d’exécution surprendrait certains fournisseurs, les ingénieurs disposant d’une importante autonomie décisionnelle.
L’objectif initial reste modeste à l’échelle du secteur. À titre de comparaison, TSMC devrait atteindre à lui seul une capacité mensuelle de 120 000 wafers en 2 nm d’ici fin 2026. Les volumes ne sont toutefois pas directement équivalents sans connaître la taille des plaques, les procédés retenus, les rendements et la répartition exacte des produits.
Des puces pour les véhicules autonomes et les robots
Cette capacité doit alimenter les différents projets de Musk, notamment les véhicules autonomes et les robots humanoïdes comme Tesla Optimus. L’enjeu dépasse la seule sécurisation des approvisionnements : il s’agit de maîtriser une ressource critique pour des systèmes physiques reposant massivement sur l’IA.

Dans un podcast enregistré en août avec Walter Isaacson, Musk a estimé qu’une superintelligence numérique pourrait accroître la production mondiale de biens et de services de 20 à 30 %. Il chiffre ce gain potentiel à environ 30 000 milliards de dollars par an, soit approximativement 25 800 milliards d’euros à titre indicatif.
Son scénario devient autrement plus ambitieux lorsque l’IA dispose d’une incarnation physique. Des robots capables de mener des expériences scientifiques, d’opérer dans l’espace et de construire un accélérateur de masse sur la Lune pourraient, selon lui, faire émerger une économie atteignant jusqu’à un million de fois la taille de celle de la Terre.
Le principal obstacle ne réside pas seulement dans le financement d’une usine. Une production compétitive exige des années de mise au point, des rendements élevés, une main-d’œuvre spécialisée et un écosystème de fournisseurs particulièrement dense. Le recours annoncé à Intel, TSMC et aux équipementiers montre que Terafab ne pourra pas contourner cette chaîne industrielle, même avec une gouvernance plus rapide.
Source : Wccftech