
La pression sur la DRAM et le stockage ne s’est toujours pas calmée, et Valve estime même que la situation se dégrade encore. Pour l’acheteur final, le décalage n’est pas encore pleinement visible en boutique, mais il pèse déjà sur le coût réel des machines en production.
Steam Machine : un retard de 3 à 6 mois entre gros et détail
Yazan Aldehayyat, ingénieur chez Valve, a indiqué à Bloomberg que la crise d’approvisionnement sur la mémoire et le stockage est « still getting worse ». D’après les observations de l’entreprise, les produits et tarifs affichés dans le commerce accusent un retard d’au moins 3 à 6 mois par rapport au marché des composants achetés en volume.
En pratique, cela signifie que les tarifs actuels de la DRAM et du stockage peuvent encore refléter des stocks achetés avant les dernières hausses. Les constructeurs, eux, paient déjà plus cher, et cette hausse peut mettre plusieurs mois avant d’apparaître sur les PC assemblés, les kits mémoire, les SSD et les autres produits grand public.
Des coûts déjà visibles sur la machine de Valve
Valve a directement subi cette situation pendant la préparation de la Steam Machine. La société visait au départ un PC d’entrée de gamme, mais l’augmentation du coût de la mémoire et du stockage a rendu ce positionnement tarifaire difficile à tenir.
Au lancement, la Steam Machine a été proposée en version 512 Go à 1 049 $, soit environ 965 €, et en version 2 To à 1 349 $, soit environ 1 240 €. Valve précise que le coût des composants pris séparément correspond de près au prix de vente, l’entreprise ayant choisi de ne pas subventionner le matériel.
La vraie question, désormais, n’est plus seulement le prix de lancement, mais la capacité de Valve à tenir son positionnement si les coûts continuent de grimper, comme l’explique notre article sur l’absence de baisse de prix avant longtemps.
Production limitée par la mémoire disponible
D’après Bloomberg, Valve a écoulé toutes les Steam Machine produites jusqu’ici, sans communiquer de volumes d’expédition. La production reste limitée par la quantité de mémoire que l’entreprise parvient à obtenir, Pierre-Loup Griffais expliquant que Valve fabrique autant d’unités que l’approvisionnement en composants le permet.
Yazan Aldehayyat estime que le marché peut encore se corriger si les prix des composants reculent. L’autre scénario est plus simple : les niveaux actuels deviennent la nouvelle norme si l’offre ne s’améliore pas. Valve indique malgré tout que ces pénuries ne modifieront pas sa feuille de route matérielle.
Pour le marché PC, le point important n’est pas seulement la hausse des composants, mais le décalage temporel entre le coût réel côté fabricants et l’étiquette vue par le client final. Quand un acteur comme Valve parle d’un retard de plusieurs mois, cela suggère que les hausses les plus nettes peuvent encore atteindre les configurations grand public alors même que les prix en rayon semblent, pour l’instant, relativement stables.
Source : VideoCardz