
Le stockage continue de grimper en bande passante pendant que l’IA réclame toujours plus de capacité adressable. Au Computex 2026, Silicon Motion a montré une feuille de route qui va du SSD client DRAMless jusqu’au contrôleur entreprise PCIe 6.0 pensé pour épauler les charges liées aux GPU.
Silicon Motion met à jour son offre du SSD client au datacenter
Côté grand public, la nouveauté s’appelle SM2524XT. Il s’agit d’un contrôleur SSD PCIe Gen 5 DRAMless compatible NVMe 2.1, gravé en 6 nm chez TSMC, avec 4 canaux NAND et 16 CEs, pour une vitesse pouvant atteindre 4800 MT/s par canal.

Silicon Motion vise ici le milieu de gamme Gen 5. Les SSD basés sur ce contrôleur pourront monter jusqu’à 14 Go/s en lecture séquentielle, 12 Go/s en écriture séquentielle et 2,2 millions d’IOPS en accès aléatoire, avec un TDP de 2,5 W en charge et jusqu’à 1 mW en veille PS4.
Le SM2524XT prend en charge les principaux types de mémoire flash 3D TLC et QLC NAND. Sur le papier, c’est un positionnement intéressant pour démocratiser le Gen 5 sans passer par une solution plus coûteuse avec DRAM dédiée.

Le PCIe 6.0 entre en scène avec une ambition très orientée IA
La démonstration la plus marquante concernait toutefois le SM8466, premier contrôleur SSD PCI-Express Gen 6 de la marque pour les futurs SSD entreprise. Silicon Motion le présente comme une solution capable d’offrir des performances de stockage « proches du GPU », avec l’idée d’augmenter la mémoire disponible pour exécuter des LLM aux paramètres plus volumineux.
Pour replacer ce contrôleur dans la continuité de la stratégie de la marque, on peut aussi revenir sur la montée en puissance du segment entreprise avec le travail de fond de Silicon Motion autour d’un contrôleur SSD PCIe 6.0 destiné aux infrastructures de stockage les plus exigeantes, où l’IA et la bande passante dictent désormais le cahier des charges.
Le contrôleur repose sur une interface hôte PCI-Express 6.0 x4, soit 256 Gbps dans chaque direction, un niveau de bande passante comparable à du PCI-Express 4.0 x16. Il embarque 16 canaux avec 8 CEs, chaque canal fonctionnant à 4800 MT/s.

Le support de NVMe 2.3 n’a pas été explicitement confirmé, mais tout indique que le SM8466 se place dans cette logique, avec en toile de fond le stockage computationnel. Silicon Motion annonce une prise en charge des fonctions attendues sur le segment entreprise, ainsi qu’une compatibilité 3D TLC et QLC NAND pour des capacités pouvant grimper jusqu’à 512 To.
Les performances visées sont de 28 Go/s en transferts séquentiels et jusqu’à 7 millions d’IOPS en accès aléatoire. À ce niveau, le SSD sort du simple rôle de support de données rapide pour devenir un étage mémoire crédible dans certaines infrastructures IA.
Un SM8388 mis à jour pour NVMe 2.1 en démonstration
Silicon Motion exposait aussi un SSD U.2 NVMe basé sur le contrôleur SM8388 en PCIe Gen 5, désormais mis à jour avec le support de NVMe 2.1 et de la plateforme SSD programmable MonTitan. Ce contrôleur gère un double uplink PCIe Gen 5 x4 et PCIe Gen 5 x2.
Le SM8388 dispose de 16 canaux flash à 2400 MT/s et peut piloter jusqu’à 128 To de stockage. L’écran de démonstration affichait 9329 Mo/s en écriture séquentielle, 14602 Mo/s en lecture séquentielle, 450000 IOPS en écriture aléatoire et 3585 Mo/s en lectures aléatoires.

Le plus intéressant, au-delà des chiffres bruts, tient au message envoyé par Silicon Motion. Entre un contrôleur DRAMless Gen 5 à 2,5 W pour le marché client et un Gen 6 entreprise capable de 28 Go/s et de 512 To, le fabricant couvre désormais un spectre très large, avec un point commun clair : le SSD n’est plus seulement un périphérique de stockage, mais une brique de plus en plus intégrée aux contraintes de calcul, notamment autour de l’IA.
Source : TechPowerUp