
La machine industrielle de Samsung commence déjà à lever le pied avant même le 21 mai. En toile de fond, une grève de 18 jours menace une partie critique de l’offre mondiale en mémoire et pourrait tendre un marché déjà sous pression.
Samsung Foundry passe en mode d’urgence
D’après plusieurs médias sud-coréens, Samsung réduit progressivement le rythme de ses usines pour basculer dans un mode de gestion d’urgence qui limite la capacité de production. Le principe est simple : restreindre le nombre de nouveaux wafers injectés dans le flux de fabrication, un processus long, continu et habituellement exploité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Le Seoul Economic Daily évoque 43 286 employés mobilisés pour le mouvement, soit plus de la moitié des effectifs de la division semi-conducteurs, la DS unit. Avec une telle proportion d’absents, les lignes commencent mécaniquement à ralentir. L’automatisation permet de maintenir un minimum d’activité, mais l’exploitation des équipements reste dépendante d’une présence humaine suffisante.
DRAM, NAND et HBM directement exposées
TrendForce estime que la perturbation pourrait représenter 3 à 4 % de l’approvisionnement mondial en DRAM, ainsi qu’environ 3 % de l’offre mondiale en NAND Flash. Le timing est particulièrement sensible, alors que les tensions sur la disponibilité de la DRAM et de la NAND restent élevées.
Les lignes visées concernent notamment la HBM, la (LP)DDR5 et une partie de la production de logique sur mesure. Si les clients jugent la situation trop incertaine, une partie des commandes pourrait rapidement glisser vers SK hynix ou Micron, deux concurrents bien placés sur ces segments.
Six semaines de fabrication à haut volume menacées
La grève doit débuter le 21 mai, mais Samsung a déjà une semaine de ralentissement devant elle avant cette date. À cela s’ajoutent les 18 jours du mouvement, puis encore deux à trois semaines nécessaires pour retrouver un régime nominal. Au total, c’est donc environ six semaines de production à haut volume qui seraient en jeu chez Samsung Foundry.
Certaines estimations avancent une perte potentielle totale pouvant atteindre 100 000 milliards de wons dans le pire des cas, entre manque à gagner direct pour Samsung et effets chez ses clients. Cela représente environ 67 milliards de dollars, soit près de 62 milliards d’euros à titre indicatif.
Si le mouvement se prolonge ou si la reprise s’avère plus lente que prévu, l’impact pourrait dépasser la seule question des volumes. Sur la HBM et la DDR5, où chaque créneau de capacité compte, quelques semaines de flottement suffisent à redistribuer des parts de marché et à renforcer durablement la position de SK hynix ou de Micron.
Source : TechPowerUp