
Une même passerelle pourrait désormais passer du DOCSIS 3.1 au DOCSIS 4.0 par mise à niveau sur site, tout en atteignant 12 Gbps sur les réseaux actuels. MaxLinear veut ainsi dissocier le renouvellement des équipements clients du calendrier, souvent coûteux, de modernisation des infrastructures.
Puma 9 rassemble trois générations de DOCSIS en 8 nm
Gravé en 8 nm, le SoC prend en charge DOCSIS 3.1, DOCSIS 3.1+ et DOCSIS 4.0 sur une architecture unique. MaxLinear le présente comme la première et la seule plateforme capable de couvrir ces trois standards sans surcoût significatif, avec des fonctions activables sur le terrain plutôt que par remplacement systématique du matériel.
En configuration DOCSIS 3.1+, la puce gère cinq canaux OFDM. Le constructeur annonce plus de 10 Gbps en téléchargement, et jusqu’à 12 Gbps, soit une expérience proche du DOCSIS 4.0 sur une infrastructure DOCSIS 3.1 existante.
La plateforme est compatible avec la mémoire DDR5, une première revendiquée dans cette catégorie. Ce choix doit réduire la dépendance à la DDR4, dont les grands fournisseurs diminuent progressivement la production, et sécuriser l’approvisionnement durant les longs cycles de vie des passerelles opérateurs.
Wi-Fi 8, NPU MaxAI et sécurité post-quantique
Puma 9 doit aussi servir de base aux futures passerelles Wi-Fi 8. Son NPU alimenté par la technologie MaxAI vise le traitement d’IA en périphérie, notamment pour ajuster la qualité de service, optimiser le réseau et exécuter des services d’IA personnelle avec une faible latence.
MaxLinear ajoute une préparation à la cryptographie post-quantique, ou PQC, ainsi qu’une conception sécurisée dès l’origine. Le SoC est prévu pour accompagner la conformité au NIST IR 8425A aux États-Unis, à la directive européenne RED sur les équipements radio et au Cyber Resilience Act de l’Union européenne.
Une migration logicielle vers DOCSIS 4.0
Le principal argument économique repose sur le déploiement immédiat de CPE prêts pour DOCSIS 4.0, mais facturés au niveau des équipements DOCSIS 3.1 existants. Les opérateurs pourraient ensuite activer DOCSIS 3.1+ ou 4.0 lorsque le réseau et la demande commerciale le justifient, sans intervention à domicile, nouveaux cycles de qualification ni remplacement massif.
MaxLinear estime que cette intégration peut réduire de 30 à 50 % le coût des équipements installés chez l’abonné par rapport aux autres solutions DOCSIS 4.0. La plateforme s’appuie sur son frontal DOCSIS 4.0 ainsi que sur des logiciels DOCSIS et voix déjà déployés, afin de limiter les risques d’intégration et les délais de commercialisation.
Cette souplesse permettrait également un déploiement ciblé du DOCSIS 4.0 dans les marchés soumis à une forte pression concurrentielle, sans imposer le même calendrier à l’ensemble du réseau. Jeff Heynen, vice-président Broadband Access and Home Networking chez Dell’Oro Group, souligne que la séparation des dépenses consacrées au réseau et aux CPE réduit à la fois les risques de déploiement et les besoins en capitaux.
Une prévision récente de Dell’Oro situe en 2028 le pic du nouveau cycle d’investissement consacré au DOCSIS 4.0 et à l’expansion de la fibre. Dans ce contexte, Puma 9 cherche à prolonger les investissements DOCSIS 3.1 tout en évitant que l’augmentation du prix des passerelles ne ralentisse les déploiements.
Des passerelles déjà en développement chez Askey et Gemtek
Askey développe sa prochaine génération de passerelles autour de Puma 9, avec Wi-Fi 8, traitement IA et préparation à la sécurité post-quantique. Gemtek travaille également sur de nouveaux équipements DOCSIS et Wi-Fi exploitant la DDR5 et les possibilités d’évolution de la plateforme.
FRITZ! prévoit pour sa part d’évaluer la puce dans ses laboratoires. Mediacom Communications étudiera également son potentiel, son directeur technique JR Walden jugeant attractive la possibilité de couvrir DOCSIS 3.1+, DOCSIS 4.0 et de futurs services sans hausse importante du coût des CPE.
Puma 9 est dès maintenant proposé aux opérateurs et aux OEM développant des passerelles DOCSIS et des solutions eMTA. MaxLinear prévoit d’autres annonces de produits et de partenaires au cours de 2026.
La proposition déplace le risque industriel du matériel vers le logiciel : un seul design peut couvrir plusieurs étapes de modernisation, à condition que les activations et certifications tiennent leurs promesses. Si les coûts avancés se vérifient sur les produits finis, les câblo-opérateurs gagneront une marge de manœuvre précieuse face à la fibre sans devoir basculer immédiatement tout leur parc vers DOCSIS 4.0.
Source : MaxLinear