
La fermeture d’un serveur peut aujourd’hui rendre inutilisable un jeu pourtant acheté. En Pennsylvanie, une initiative législative veut contraindre les éditeurs à préserver son accès ou à indemniser leurs clients.
Le Protect Our Games Act impose trois solutions aux éditeurs
Le sénateur démocrate John Kane a diffusé auprès des membres du Sénat de Pennsylvanie un mémorandum sollicitant leur soutien. Le texte, encore au stade de proposition, doit servir de base au Protect Our Games Act, avec l’ambition de porter ensuite le dispositif au Sénat des États-Unis et de l’étendre aux 50 États.
Le projet obligerait les développeurs à prévenir leurs clients au moins 60 jours avant l’arrêt d’un jeu ou toute modification affectant son fonctionnement, notamment la fermeture de ses serveurs. Ils devraient alors retenir l’une des trois solutions prévues.
La première consisterait à maintenir le jeu jouable hors ligne. La deuxième imposerait la publication d’un patch permettant de poursuivre les parties en ligne sans dépendre des serveurs du développeur.
Un remboursement encadré si le jeu devient inutilisable
La troisième option serait un remboursement. Son montant serait calculé à partir du prix le plus élevé pratiqué par le développeur durant les 12 mois précédant l’arrêt du service, sans pouvoir descendre sous 25 % du prix de lancement.
Les abonnements resteraient hors du dispositif
Le texte exclurait les jeux ne nécessitant aucune connexion à Internet, déjà utilisables intégralement hors ligne. Les abonnements seraient également exemptés, leur paiement mensuel étant considéré comme l’achat temporaire d’un service plutôt que comme celui d’un jeu durablement accessible.
L’initiative rejoint les revendications du mouvement international Stop Killing Games, qui milite pour que les titres achetés demeurent fonctionnels après l’abandon de leur exploitation commerciale. Une tentative comparable ayant échoué en Californie, la Pennsylvanie pourrait devenir le prochain terrain législatif de cette mobilisation.
Le mémorandum n’est toutefois pas encore un projet de loi formel. S’il atteint le Sénat des États-Unis puis obtient les votes nécessaires, les acteurs opérant sur le marché américain devraient adapter leurs architectures réseau, prévoir un mode hors ligne ou provisionner le coût de futurs remboursements.
Une telle obligation modifierait surtout la conception des jeux dépendants de serveurs propriétaires. Préparer dès le développement un binaire autonome ou une solution de serveur indépendant coûterait moins cher qu’une conversion tardive et donnerait enfin une portée concrète à la notion d’achat numérique.
Source : Local21