
Une imprimante encore parfaitement fonctionnelle pourrait devenir inutilisable après une future évolution du système. Microsoft réorganise progressivement la chaîne d’impression autour de standards intégrés, au détriment des anciens pilotes propriétaires.
Les pilotes d’imprimante Windows 11 passent au second plan

Microsoft abandonne graduellement le modèle historique reposant sur l’installation d’un pilote fourni par chaque constructeur. Cette transition concerne les pilotes d’impression v3 et v4, remplacés à terme par une couche de compatibilité commune directement intégrée à Windows 11.
L’objectif est d’obtenir un fonctionnement plug-and-play pour chaque imprimante certifiée, sans paquet logiciel traditionnel. Depuis le 1er juillet, le classement des pilotes privilégie déjà le pilote de classe Internet Printing Protocol (IPP) de Microsoft lorsqu’un périphérique est compatible.
Les pilotes existants peuvent toujours recevoir des mises à jour au cas par cas. La dernière étape est fixée au 1er juillet 2027 : après cette date, les mises à jour de pilotes tiers seront limitées aux correctifs de sécurité.
Windows Ready Print impose IPP et Mopria
La nouvelle architecture repose sur Windows Ready Print, qui exploite notamment IPP et cible les périphériques certifiés Mopria. Windows peut ainsi gérer le matériel compatible au moyen de sa propre pile d’impression, sans pilote distinct pour chaque référence.
Les anciens paquets resteront installables manuellement lorsqu’ils sont fournis par le fabricant. Leur disponibilité dépendra toutefois de la volonté des constructeurs de maintenir ce modèle devenu secondaire.
Le mode protégé peut supprimer les périphériques incompatibles
Microsoft déploie également Windows Protected Print Mode. Une fois activé, ce mode bloque les pilotes d’impression tiers et retire les imprimantes qui en dépendent. Les modèles Mopria compatibles peuvent ensuite être réinstallés via Windows Ready Print.
Les périphériques non pris en charge restent indisponibles jusqu’à la désactivation du mode protégé. Microsoft prévoit d’en faire le réglage par défaut, mais n’a communiqué aucune date précise.
Les anciennes imprimantes USB sont les plus exposées
Les modèles USB dépourvus d’IPP concentrent le principal risque de compatibilité. Certaines imprimantes multifonctions pourraient aussi perdre des fonctions de numérisation propres au constructeur, même si WS-Scan et eSCL restent pris en charge dans les configurations compatibles.
Un remplacement immédiat n’est pas nécessaire. La compatibilité peut être vérifiée dans Paramètres > Bluetooth et appareils > Imprimantes et scanners, puis auprès du fabricant pour la prise en charge d’IPP, d’IPP over USB et de Mopria.
Cette évolution devrait simplifier la maintenance et réduire la surface d’attaque liée aux anciens pilotes. Elle risque néanmoins de prolonger artificiellement la dépendance à des versions antérieures de Windows dans les entreprises équipées de matériels spécialisés, notamment lorsque les fonctions métier dépassent l’impression standard couverte par IPP.
Source : Microsoft