
Le marché de la mémoire devait retrouver un peu d’air après la flambée liée à l’IA. Chez SK hynix, le scénario envisagé est tout autre : la tension actuelle pourrait s’installer jusqu’à la fin de 2030.
Une pénurie mémoire désormais envisagée sur le long terme
Kwak Noh-Jung, CEO de SK hynix, estime que la pénurie actuelle ne montre toujours aucun signe clair de ralentissement. Il s’est exprimé après la cérémonie de lancement du nouveau site de packaging du groupe dans l’Indiana, en précisant que même un futur reflux du marché prendrait probablement la forme d’une détente progressive, et non d’un effondrement brutal des prix comme l’industrie en a déjà connu.

Le point est notable, car SK hynix évoquait encore récemment une offre sous tension jusqu’en 2028 sur la DRAM grand public. Cette nouvelle projection repousse donc l’échéance jusqu’à 2030.
L’IA change la structure du marché mémoire
Le dirigeant explique ce changement par l’évolution même des produits. La mémoire n’est plus traitée uniquement comme un composant de commodité : la demande tirée par l’IA pousse les clients vers des configurations de DRAM et de HBM plus personnalisées, ce qui rend les volumes futurs plus prévisibles pour les fabricants et limite les cycles de surproduction qui provoquaient auparavant les chutes de prix.
Autrement dit, la montée en puissance de la HBM et des déclinaisons spécifiques pour les accélérateurs IA modifie l’équilibre historique du secteur. Pour les acheteurs, cela signifie surtout que la DRAM et la NAND ont peu de chances de redevenir bon marché à court terme.
Le site de l’Indiana vise la HBM4E, pas l’augmentation des wafers
Le futur site américain de SK hynix n’ajoutera pas de capacité de production de wafers. Il s’agit d’une installation de packaging et de test : les wafers continueront d’être fabriqués en Corée du Sud, puis expédiés aux États-Unis pour l’assemblage HBM4E.
Le calendrier communiqué reste étalé dans le temps, avec le démarrage des opérations en salle blanche prévu au second semestre 2028 et une production en volume ciblée pour le troisième trimestre 2029. Pour le marché PC, GPU et consoles, la conséquence est assez directe : le coût de la mémoire devrait rester élevé bien au-delà du cycle actuel.
Ce discours illustre surtout un basculement industriel. Tant que la capacité disponible sera prioritairement absorbée par les produits mémoire à forte valeur ajoutée destinés à l’IA, les segments plus classiques continueront de subir des arbitrages défavorables, avec des effets durables sur les prix des composants grand public.
Source : Reuters