
Chaque GPU déployé dans une usine IA pourrait générer environ 2 000 dollars de revenus logiciels récurrents par an pour NVIDIA. À l’échelle d’un million d’accélérateurs, l’enjeu atteint déjà 2 milliards de dollars annuels.
NVIDIA Software, un tarif encore difficile à situer

Lors d’une séance de questions-réponses organisée au GTC Berlin, Jensen Huang a indiqué que les licences logicielles prendraient une place croissante dans l’activité du groupe. Le dirigeant a chiffré à environ 2 000 dollars par GPU et par an, soit approximativement 1 850 euros, le coût de l’ensemble des logiciels NVIDIA nécessaires au fonctionnement des agents dans les usines IA.
Rapportée initialement par The Register, cette somme semble toutefois avoir été donnée à titre d’exemple plutôt que comme un tarif officiel. NVIDIA n’a précisé ni le périmètre exact de la licence, ni son calendrier de commercialisation.
La comparaison avec NVIDIA AI Enterprise entretient l’ambiguïté. Le guide tarifaire officiel affiche cette suite à 4 500 dollars par GPU pour un abonnement d’un an avec support, soit environ 4 160 euros, ou 18 000 dollars par GPU sur cinq ans, autour de 16 650 euros.
Rien n’indique donc que les 2 000 dollars mentionnés par Jensen Huang correspondent à une baisse de prix. Il pourrait s’agir d’un ensemble plus restreint destiné aux agents, d’une partie de la pile existante ou d’un futur modèle de licence.
OpenShell encadre les agents dans les infrastructures Vera Rubin
Durant le même événement, NVIDIA a présenté son OpenShell Reference Architecture. Cette architecture associe des systèmes Vera Rubin dédiés à l’inférence, des processeurs Vera chargés d’exécuter les agents et des DPU BlueField-4 faisant fonctionner NVIDIA Sentry pour surveiller leurs actions.
OpenShell prend la forme d’un environnement d’exécution open source capable d’isoler les agents dans des sandboxes. Jensen Huang l’a notamment cité lorsqu’il a été interrogé sur la sécurité de l’intelligence artificielle.
Le calcul explique l’intérêt stratégique de NVIDIA : un million de GPU facturés 2 000 dollars chacun représenteraient 2 milliards de dollars de revenus annuels. Ces licences ajouteraient une rente logicielle aux ventes de matériel, alors que NVIDIA et ses partenaires cherchent déjà à accroître fortement leurs capacités de production pour répondre à la demande en infrastructures IA.
Cette évolution rapprocherait davantage NVIDIA d’un modèle de plateforme complète, où l’accélérateur sert aussi de point d’entrée à des revenus récurrents. Pour les exploitants de centres de données, le coût total ne dépendrait alors plus seulement du GPU, du réseau et de l’énergie, mais aussi d’une couche logicielle facturée à grande échelle.
Source : The Register