
La machine NVIDIA change encore d’échelle. Avec 96,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur un seul trimestre, soit environ 88,5 milliards d’euros à titre indicatif, le groupe montre que la ruée vers l’infrastructure IA reste loin d’avoir atteint son plafond.
Sur ce deuxième trimestre clos le 26 juillet 2026, les revenus progressent de 18 % par rapport au trimestre précédent et de 106 % sur un an. La marge brute GAAP comme non-GAAP s’établit à 75,0 %, tandis que le bénéfice dilué par action atteint 2,46 dollars en GAAP et 2,22 dollars en non-GAAP.
NVIDIA résultats : le Data Center écrase le reste

Le cœur de la croissance reste le Data Center, avec 89,0 milliards de dollars de revenus, en hausse de 18 % sur un trimestre et de 117 % sur un an. À lui seul, ce segment représente l’essentiel de l’activité du groupe et confirme que l’économie de l’IA repose désormais sur des volumes industriels de calcul.
Jensen Huang parle d’un point d’inflexion pour l’IA, avec des tokens devenus « productifs et rentables », et un calcul qui se transforme directement en revenus. NVIDIA insiste aussi sur un changement de paysage : là où un seul laboratoire tirait la demande il y a un an, l’entreprise évoque désormais une multiplication des frontier labs, des startups, de l’open model et de l’IA physique.
Vera Rubin, Blackwell et 500 milliards mobilisés
Le trimestre a surtout été rythmé par la montée en puissance de la plateforme NVIDIA Vera Rubin, désormais en pleine production, avec des racks déjà en fonctionnement chez CoreWeave, Google Cloud, Microsoft Azure, Oracle Cloud Infrastructure et Nebius. NVIDIA a aussi annoncé l’arrivée des systèmes de commutation Spectrum-6, compatibles avec optiques pluggables et co-packaged optics au sein de l’offre Vera Rubin.

Parmi les autres annonces, on retrouve Vera, présenté comme le premier CPU conçu pour les agents IA, Groq 3 LPX désormais en production complète pour l’inférence interactive, ainsi que de nouvelles fonctions de sécurité pour Vera BlueField-4 STX. Le groupe a également lancé DSX, une plateforme destinée à fournir aux bâtisseurs d’infrastructures un cadre complet pour concevoir et exploiter des AI factories à grande échelle.
Le volet financier suit la même logique de gigantisme. NVIDIA dit avoir noué des partenariats stratégiques avec Apollo, BlackRock, Blackstone, Brookfield, Goldman Sachs et KKR afin de créer des plateformes de financement indépendantes pour le calcul, avec plus de 500 milliards de dollars de capitaux tiers mobilisables à terme pour l’infrastructure IA, sous réserve d’accords définitifs.
Le groupe cite aussi SpaceXAI pour le déploiement de CPU Vera, un partenariat avec SB Energy sur le campus technologique PORTS-Pike dans l’Ohio pour sécuriser terrain, énergie et capacité d’accueil, ainsi qu’une victoire de Blackwell dans toutes les catégories des benchmarks MLPerf Training 6.0 et dans AgentPerf. S’ajoutent de nouveaux outils logiciels, des modèles open source, le BioNeMo Agent Toolkit, l’Open Secure AI Alliance, l’usage de GPU NVIDIA avec Confidential Computing dans le Private Cloud Compute d’Apple, des partenariats en Corée avec SK Telecom, NAVER et Brookfield, un accord pluriannuel avec SK hynix sur la mémoire de prochaine génération, le lancement d’une infrastructure IA nationale au Japon et 35 nouveaux supercalculateurs AI HPC en développement en Europe autour de Vera Rubin.
PC IA, robotaxi et robotique portent l’Edge Computing
L’Edge Computing a généré 7,2 milliards de dollars sur le trimestre, en progression de 13 % par rapport au précédent et de 27 % sur un an. C’est très loin du Data Center en volume, mais le segment concentre plusieurs annonces importantes pour le PC IA, l’automobile autonome et la robotique.

NVIDIA a notamment détaillé son partenariat avec Microsoft autour de RTX Spark, un superchip 1 petaflop pour réinventer le PC Windows avec l’écosystème CUDA et NVIDIA RTX complet. Le constructeur a aussi présenté DGX Station for Windows, décrit comme le supercalculateur IA deskside le plus puissant au monde pour développer et exécuter des agents sous Windows.
Le groupe a lancé une initiative d’IA locale avec des optimisations pour DeepSeek v4 Flash, Diffusion Gemma, Nemotron 3.5 Lightning et Qwen 3.8, ainsi que les agent harnesses Hermes Agent et OpenClaw sur RTX et DGX. Côté mobilité, l’écosystème DRIVE Hyperion compatible robotaxi s’étend avec Foxconn, VinFast, Uber et HUMAIN.
NVIDIA a également introduit Alpamayo 2 Super pour le développement commercial de robotaxis et véhicules autonomes, Cosmos 3 présenté comme le premier omnimodèle frontier totalement ouvert pour l’IA physique, un robot humanoïde de référence Isaac GR00T basé sur Jetson Thor, ainsi que Halos for Robotics, un système de sécurité full-stack destiné à unifier calcul IA et sûreté fonctionnelle. Le tout s’accompagne d’une large collection d’outils et de compétences open source pour agents dédiés à la robotique, à la vision IA et aux véhicules autonomes.
Prévisions, rachats d’actions et signal marché
Pour le troisième trimestre de l’exercice fiscal 2027, NVIDIA vise 108,0 milliards de dollars de chiffre d’affaires, avec une variation possible de plus ou moins 2 %, sans intégrer de revenus de calcul Data Center en provenance de Chine. Les marges brutes GAAP et non-GAAP sont attendues à 74,0 %, avec une tolérance de 50 points de base, tandis que les dépenses opérationnelles devraient atteindre environ 9,2 milliards de dollars en GAAP et 9,0 milliards en non-GAAP.
Sur l’ensemble de l’exercice 2027, le taux d’imposition GAAP et non-GAAP attendu se situe entre 16,0 % et 18,0 %, hors éléments exceptionnels et changements matériels d’environnement fiscal. Parallèlement, NVIDIA a retourné environ 26,0 milliards de dollars à ses actionnaires au trimestre via rachats d’actions et dividendes en numéraire, et disposait encore de 99,0 milliards de dollars d’autorisation de rachat à la fin de la période. Le prochain dividende trimestriel en cash, fixé à 0,25 dollar par action, sera versé le 1er octobre 2026 aux actionnaires enregistrés au 10 septembre 2026.




Le point le plus révélateur n’est peut-être plus la seule croissance de NVIDIA, mais la manière dont l’entreprise structure désormais tout l’écosystème autour d’elle : puces, interconnexions, mémoire, financement, énergie, logiciels et déploiement souverain. À ce niveau, la concurrence ne se joue plus uniquement sur les GPU, mais sur la capacité à livrer une chaîne complète d’infrastructure IA à l’échelle d’un secteur industriel entier.
Source : NVIDIA