
Trois milliards et demi de dollars changent immédiatement l’échelle d’un partenariat déjà bien installé. Derrière ce mouvement, NVIDIA et MediaTek préparent surtout une ouverture plus large de NVLink Fusion à l’écosystème ASIC et XPU.
NVIDIA MediaTek renforcent un partenariat déjà concret
NVIDIA investit 3,5 milliards de dollars dans MediaTek via l’achat d’obligations convertibles, soit environ 3,2 milliards d’euros à titre indicatif. Si ces titres sont convertis plus tard, l’opération pourrait déboucher sur une participation significative au capital du groupe taïwanais.

Les deux entreprises ne partent pas de zéro. MediaTek a déjà conçu le SoC GB10 utilisé dans les produits grand public RTX Spark de NVIDIA ainsi que dans les mini stations de travail DGX Spark.
MediaTek a déjà servi de base à un premier rapprochement avec NVIDIA, et le nouveau partenariat prolonge surtout cette trajectoire vers les puces dédiées à l’IA sur les premiers projets AI PC et consoles.
La nouvelle étape passe par NVLink Fusion, présenté comme un cadre IP et chiplet permettant à des processeurs et accélérateurs non NVIDIA de s’intégrer à la fabric datacenter du groupe. En clair, MediaTek pourra proposer cette base à ses propres clients ASIC pour raccorder leurs XPUs à l’infrastructure d’interconnexion de NVIDIA.
NVLink Fusion s’ouvre aux clients ASIC de MediaTek
MediaTek compte mettre la plateforme à disposition de ses clients, parmi lesquels figurent de nombreux acteurs de l’ASIC, dont Google. L’objectif est de connecter leurs XPUs à la fabric scale-up NVLink Fusion, via des interconnexions photoniques ou des liaisons cuivre plus classiques.
NVLink-C2C et NVHBM dans l’équation
L’offre inclura notamment NVLink-C2C, une fabric à haute bande passante destinée à relier plusieurs XPUs proches physiquement. Cette technologie est également annoncée dans les futurs CPU NVIDIA Rosa.
MediaTek proposera aussi la mémoire NVHBM dévoilée récemment par NVIDIA. Le contrôleur y est intégré directement dans la pile HBM 3D, avec à la clé, selon NVIDIA, jusqu’à 30 % de bande passante mémoire supplémentaire face à la HBM4E, 15 % de consommation HBM en moins, et jusqu’à 25 % de surface de die exploitable en plus sur l’unité de calcul.
De la conception ASIC jusqu’au rack
L’intérêt industriel du partenariat est ailleurs aussi. Les clients pourront confier à MediaTek l’ensemble du cycle ASIC, de la conception à la fabrication, en s’appuyant sur les technologies NVIDIA pour la connectivité, l’architecture mémoire, le packaging, la production et les technologies rack-scale.
NVIDIA et MediaTek mettent également en avant des cycles de design plus courts, donc des prototypes et des mises en production plus rapides. Les clients pourront aussi apporter leurs propres designs XPU à MediaTek afin de les intégrer dans l’environnement NVLink Fusion.
Pour NVIDIA, cette opération va bien au-delà d’un simple investissement financier. Le groupe cherche à transformer NVLink en infrastructure de référence pour des accélérateurs qui ne portent pas forcément son nom, ce qui renforcerait son emprise sur l’architecture des serveurs IA même lorsque le calcul est externalisé à des ASIC sur mesure.
Source : NVIDIA