
Les liaisons électriques internes deviennent l’un des principaux freins à l’extension des infrastructures d’IA. NVIDIA teste déjà une réponse radicale : rapprocher les moteurs optiques du silicium et porter chaque fibre à 256 Gb/s.
NVIDIA CPO rapproche l’optique du silicium

Lors de SEMICON West 2026, NVIDIA a présenté ses travaux sur l’intégration optique destinée à la prochaine génération de systèmes d’IA. L’entreprise étudie notamment le CPO, ou Co-Packaged Optics, et le DWDM afin d’augmenter la densité des connexions tout en maîtrisant leur consommation.
La présentation était assurée par Nikola Nedovic, Principal Research Scientist chez NVIDIA. Le chercheur avait déjà détaillé cette approche en 2023 dans une publication intitulée « Beyond CPO: A Motivation and Approach for Bringing Optics Onto the Silicon Interposer ».
Des moteurs optiques directement sur l’interposeur

NVIDIA dispose désormais de prototypes déplaçant les moteurs optiques du substrat organique vers l’interposeur en silicium. Baptisée OOI, pour Optics-on-Interposer, cette architecture fait circuler les signaux électriques sur des interconnexions plus courtes, plus fines et à faible capacité.
Le principe rappelle l’intégration 2,5D employée pour rapprocher un GPU de sa mémoire HBM. En supprimant une partie du trajet sur le substrat organique, NVIDIA vise une densité de bande passante supérieure et une consommation réduite, deux paramètres déterminants pour les ASIC approchant les 200 Tbit/s.

Le DWDM porte une fibre optique à 256 Gb/s
L’autre axe de recherche repose sur le DWDM, ou multiplexage dense en longueur d’onde. La démonstration de NVIDIA combine 8 longueurs d’onde à 32 Gb/s, pour un débit cumulé de 256 Gb/s sur une seule fibre optique.
Cette technologie demeure au stade de la recherche, comme l’OOI. Nikola Nedovic précise que NVIDIA évalue ces solutions pour de futurs produits tout en travaillant sur les obstacles qui empêchent encore leur commercialisation.
Une trajectoire industrielle jusqu’à Feynman en 2028
Ces prototypes s’inscrivent dans une feuille de route plus large comprenant BlueField-5, NVLink 8 CPO, Spectrum 7 204T, CPO et CX10. Les solutions Rosa et les GPU Feynman sont attendus en 2028, avec une intégration optique appelée à dépasser celle de Rubin Ultra.
Les dernières déclarations financières de Lumentum et Coherent écartent par ailleurs l’hypothèse d’un retard généralisé. La demande en lasers CPO de très forte puissance progresse, les revenus liés au scale-out doivent commencer au second semestre 2026, puis les volumes scale-up en 2027, avant des déploiements clients attendus en 2028.
NVIDIA a engagé des investissements de plusieurs milliards de dollars auprès de ces deux fournisseurs afin d’accroître leurs capacités de production et leurs efforts de R&D. L’objectif reste d’introduire progressivement le CPO dans les plateformes d’IA à partir de Vera Rubin.


Le déplacement de l’optique sur l’interposeur ne constitue pas une simple hausse de débit. Il modifie le packaging, la gestion thermique, la distribution d’énergie et la réparabilité des futurs accélérateurs. Si NVIDIA résout ces contraintes industrielles, la bande passante réseau pourra évoluer plus près du rythme des GPU, sans laisser les liaisons électriques absorber une part croissante du budget énergétique des centres de données.
Source : Wccftech