
Près de 180 000 signatures ont été réunies en quelques jours pour préserver une licence désormais privée de son studio historique. La mobilisation place Electronic Arts face à un choix : relancer la production ou confier la série à une autre équipe.
Mass Effect mobilise encore près de 180 000 joueurs

La pétition #SaveMassEffect, publiée sur Change.org le 21 octobre, demande à EA de maintenir la franchise avec un financement, des effectifs et un calendrier adaptés. Si cette option est écartée, ses auteurs souhaitent que l’éditeur concède la licence à un studio disposé à la poursuivre.
La date n’est pas anodine : le 21 octobre correspond également à la fermeture de BioWare par EA et à l’arrêt du développement préliminaire du prochain épisode. Le compteur continue de progresser, tandis qu’Electronic Arts n’a pas réagi publiquement à cette initiative.
Mass Effect: Universe emporté par les suppressions de postes
Cette mobilisation intervient alors qu’EA supprime environ 400 emplois. Près de 50 postes auraient été directement liés au projet annulé, qu’une bande-annonce ayant fuité présentait sous le nom de Mass Effect: Universe.

Un créateur de contenu affirmant avoir vu le jeu pendant sa production a également communiqué des éléments supposés sur son scénario et son univers. Ces informations restent toutefois à considérer avec prudence, le projet n’ayant jamais fait l’objet d’une présentation officielle complète.
Une licence susceptible d’être vendue ou mise au coffre
La demande de licence formulée par les fans n’est pas totalement irréaliste sur le plan juridique. Mark Darrah, ancien producteur exécutif de BioWare, rappelle qu’EA détient l’ensemble des propriétés intellectuelles du studio. En l’absence d’équipes chargées de les exploiter, l’entreprise pourrait les céder ou les conserver durablement dans son catalogue.
Le rapport de force demeure très défavorable aux signataires. Electronic Arts a été retiré de la cote dans le cadre d’une opération de 55 milliards de dollars, soit environ 51 milliards d’euros à titre indicatif, menée par un groupe d’investisseurs emmené par le PIF. D’après Darrah, l’entreprise fonctionne désormais dans une logique stricte de maîtrise des coûts, l’opération lui ayant laissé près de 20 milliards de dollars de dette, environ 18,5 milliards d’euros.
Une reprise rapide paraît donc peu probable, indépendamment du succès de la pétition. Les près de 180 000 soutiens constituent néanmoins un indicateur commercial difficile à ignorer : la valeur de Mass Effect subsiste, même si sa prochaine exploitation pourrait dépendre davantage d’un arbitrage financier que d’une décision créative.
Source : Change.org