
Le téléchargement domine largement les revenus de Sony, mais plusieurs sorties majeures écoulent encore près d’un exemplaire sur trois en boîte. Une résistance qui nuance fortement l’idée d’un support devenu marginal.
Les jeux physiques PlayStation résistent sur les grandes licences

Les données publiées par Alinea Analytics montrent que les titres narratifs, solo et issus de licences établies conservent une forte composante physique. Sur PlayStation, Resident Evil Requiem atteint 30,2 % de ventes sur disque, soit 1,3 million d’exemplaires, tandis que 007 First Light affiche 29 %, avec 873 000 unités.
Marvel’s Wolverine monte encore plus haut : 32,3 % de ses ventes proviennent du format physique, pour 799 000 exemplaires. Les cinq meilleures ventes PlayStation de 2026 sont, dans l’ordre, FC27, Resident Evil Requiem, 2K27, 007 First Light et Marvel’s Wolverine. Trois d’entre elles affichent donc une part physique proche ou supérieure à 30 %.
FC27 compense sa faible part par les volumes
Les jeux de sport et les productions multijoueurs restent davantage orientés vers le téléchargement. FC27 ne réalise ainsi que 8,9 % de ses ventes en physique, mais son volume global lui permet tout de même d’écouler 705 000 disques.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced atteint pour sa part 613 000 unités physiques, contre 511 000 pour Crimson Desert. La répartition dessine un marché scindé entre les acheteurs de jeux solo à forte valeur de collection et un public sport ou multijoueur plus habitué aux achats dématérialisés.
Moins de 20 % des revenus annuels
Malgré ces résultats, les jeux sortis en 2026 sur PS5 et PS4 n’auraient généré que 655 millions de dollars de revenus physiques, soit environ 602 millions d’euros à titre indicatif. Cela représente moins de 20 % des recettes annuelles. Alinea Analytics précise toutefois que cette répartition est tirée vers le numérique par les sorties exclusivement dématérialisées et les bonus de précommande, eux aussi comptabilisés comme ventes numériques.
Les ventes physiques de Resident Evil Requiem, 007 First Light, Marvel’s Wolverine, FC27, Assassin’s Creed Black Flag Resynced, Crimson Desert, Pragmata et Onimusha Way of the Sword totaliseraient 1,2 milliard de dollars, environ 1,10 milliard d’euros. Resident Evil Requiem représenterait à lui seul 92,3 millions de dollars de revenus physiques, soit près de 85 millions d’euros.
Le calcul économique de Sony favorise toujours le numérique
Ces chiffres interviennent alors que Sony prévoit d’arrêter en janvier 2028 la production de supports physiques pour les nouveaux jeux destinés aux PlayStation 5 et PlayStation 5 Pro. Le débat dépasse la seule préférence d’achat : le disque conserve un intérêt pour l’accès aux jeux dans certaines régions, la revente et la conservation, même si les correctifs du premier jour limitent parfois sa valeur archivistique.
Pour Sony, le dématérialisé reste néanmoins plus rentable grâce à l’absence de fabrication, de transport et de distribution en magasin. Il permet aussi de capter une partie des revenus qui échappaient auparavant à l’éditeur sur le marché de l’occasion.
La faiblesse du physique à l’échelle annuelle masque donc une concentration très nette sur quelques productions premium. En supprimant progressivement le disque, Sony gagnerait en marge et en contrôle commercial, mais renoncerait aussi à un canal qui représente encore plusieurs centaines de milliers d’acheteurs sur chaque grande sortie solo.
Source : Alinea Analytics