
Les échanges du patron de NVIDIA avec une dirigeante de Megaspeed intéressent désormais trois commissions parlementaires américaines. Soupçonnée de transmettre des informations technologiques à Pékin, cette interlocutrice place les dispositifs de sécurité du groupe sous surveillance politique.
Jensen Huang attendu à huis clos le 18 novembre 2026

Dans un courrier daté du 4 novembre 2026, trois élus républicains de la Chambre des représentants demandent au PDG de NVIDIA de participer à une réunion conjointe à huis clos. Ils souhaitent l’interroger sur ses interactions passées avec Alice Huang, dirigeante de Megaspeed soupçonnée d’être un agent du renseignement de la République populaire de Chine.
La lettre porte les signatures de Brian Mast, président de la commission des Affaires étrangères, de John Moolenaar, président de la commission spéciale sur le Parti communiste chinois, et de Rick Crawford, président de la commission permanente du renseignement. Leur demande concerne aussi les protocoles mis en place par NVIDIA pour prévenir l’espionnage de puissances étrangères adverses.
D’après les éléments rapportés par Wccftech, Alice Huang fait l’objet d’une surveillance du gouvernement américain, qui la soupçonne de fournir des informations technologiques aux autorités chinoises. Les soupçons évoqués à son sujet ne constituent pas une culpabilité établie.
Les parlementaires proposent une réunion le 18 novembre 2026, dans la salle 2172 du Rayburn House Office Building, à Washington. Ils demandent à Jensen Huang de confirmer cette date ou de proposer une autre disponibilité avant le 11 novembre 2026 : le courrier constitue une demande formelle de comparution, sans établir que le dirigeant l’a acceptée.
Des B300 signalés chez China Telecom malgré les restrictions
Cette démarche intervient alors qu’une société de recherche en sécurité a repéré ce qui semble être un déploiement de 32 GPU NVIDIA B300 chez China Telecom. Ces accélérateurs figurent pourtant sur la liste américaine des technologies soumises aux contrôles à l’exportation. Les trois présidents de commission placent l’infiltration chinoise et l’accès aux technologies américaines de pointe au cœur de leurs préoccupations.
Le contrôle des composants mémoire pose également problème. Les B300 utilisent de la HBM, dont les références de grands fabricants comme Samsung et SK hynix sont soumises à des restrictions d’exportation vers la Chine. Wccftech rapporte un circuit de contrebande dans lequel des puces pour serveurs destinées au rebut, équipées de HBM, transitent par Hong Kong avant d’être acheminées en Chine : la mémoire est ensuite dessoudée pour être réutilisée dans d’autres applications.
Ces deux dossiers soulignent des difficultés distinctes : suivre la destination finale d’accélérateurs complets et empêcher la récupération de composants sur du matériel déclassé. Pour NVIDIA, les questions des élus portent donc aussi sur la protection des informations sensibles, au-delà du seul respect des règles encadrant la vente de GPU.
Source : Wccftech