
La feuille de route d’Intel prend une dimension nettement plus ambitieuse avec une puissance IA annoncée à 700 TOPS. Prévue pour 2028, cette plateforme haut de gamme ciblera notamment la robotique et l’IA physique.
Intel Razor Lake-AX fixé à 2028

Cho Min-sung, vice-président senior d’Intel, a confirmé les calendriers de Nova Lake et Razor Lake lors du séminaire « Semiconductors Powering Humanoids », organisé à Samseong-dong, en Corée du Sud. Nova Lake est attendu en 2027, tandis que Razor Lake doit suivre en 2028.
Le dirigeant a évoqué une puissance de l’ordre de 700 TOPS pour Razor Lake-AX. Ce chiffre représente 3,88 fois les 180 TOPS attribués aux actuelles puces Panther Lake « Core Series 3 ».
La formulation rapportée reste toutefois ambiguë, puisqu’elle associe « Nova Lake au début de l’année prochaine » et Razor Lake-AX en 2028 au même objectif de 700 TOPS. Le calendrier est confirmé, mais la répartition exacte de cette puissance entre les deux générations mérite donc encore une clarification d’Intel.

Un SoC Halo conçu pour l’IA physique
Razor Lake-AX ne prendrait pas la forme d’une plateforme PC traditionnelle. Intel préparerait plutôt un SoC comparable aux Ryzen Halo d’AMD, combinant de nombreux cœurs CPU, un GPU massif et des capacités mémoire renforcées pour des appareils premium.
La question de la mémoire sera également déterminante pour ce type d’APU massif, alors qu’Intel testerait la mémoire intégrée au package sur Razor Lake-AX.
L’un des marchés visés serait celui de l’IA physique, qui englobe notamment les robots humanoïdes et les systèmes autonomes exécutant localement leurs modèles. Intel place ses 700 TOPS face aux 275 TOPS du NVIDIA Jetson AGX Orin, soit un rapport d’environ 2,5.
Une comparaison à manier avec prudence
Les versions actualisées des SoC NVIDIA Jetson couvrent une plage de 160 à 275 TOPS sur le segment principal, avec 8 Go à 64 Go de VRAM. Plus haut dans la gamme, Jetson Thor T2000 atteint environ 400 TFLOPS en FP4 pour 40 W, contre 865 TFLOPS et 70 W pour le T3000.
Ces données ne permettent pas encore une confrontation directe. Intel ne précise ni le format numérique associé à ses 700 TOPS, ni l’enveloppe énergétique, ni la part respective du NPU, du GPU et du CPU dans ce total.

Le retour probable de la mémoire sur le package
Une importante réserve de mémoire, idéalement unifiée, sera déterminante pour alimenter les charges IA locales. Razor Lake-AX devrait adopter de la mémoire directement installée sur le package, renouant avec le principe MoP employé par Lunar Lake « Core Series 2 ».
Cette orientation placerait Intel face aux Ryzen AI MAX+ Halo d’AMD et aux solutions NVIDIA destinées à l’IA locale, dont les récents SoC RTX Spark. Panther Lake constitue déjà sa première base pour l’IA physique, avant la montée en puissance prévue avec Nova Lake puis Razor Lake.
Le seuil de 700 TOPS est spectaculaire, mais l’architecture mémoire, la bande passante et la consommation détermineront davantage la pertinence réelle de Razor Lake-AX. Si Intel parvient à réunir ces paramètres dans un format premium exploitable, la puce pourra dépasser le cadre du PC et devenir une plateforme crédible pour la robotique et les agents IA exécutés localement.
Source : Wccftech