
Wall Street attendait un trimestre de transition, Intel a livré un net contre-pied. Le groupe dépasse largement les prévisions, fait bondir son titre de plus de 15 % hors séance et accroche au passage Tesla à sa feuille de route 14A.
Intel Q1 2026 dépasse nettement les prévisions
Sur le premier trimestre 2026, Intel a enregistré 13,58 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit environ 12,7 milliards d’euros à titre indicatif, en hausse de 7,2 % sur un an. Le consensus des analystes était fixé à 12,42 milliards de dollars.
Le bénéfice ajusté par action atteint 29 cents, là où le marché n’attendait qu’1 cent. Cette publication a propulsé l’action Intel de plus de 15 % dans les échanges après clôture.

La division Data Center and AI signe l’une des meilleures performances du trimestre avec 5,1 milliards de dollars de revenus, contre une attente de 4,41 milliards. Intel indique aussi que son activité ASIC reste en bonne voie pour dépasser 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires cette année.
Inventaires écoulés et hausses de prix
Une partie de la surprise vient d’un facteur plus conjoncturel. Le directeur financier David Zinsner explique qu’Intel a réussi à écouler des stocks de produits finis que le groupe ne pensait pas vendre à ce stade.

Intel relève également les prix de ses puces pour compenser la hausse de ses coûts de production. Cette logique se retrouve dans les prévisions du deuxième trimestre, attendues entre 13,8 et 14,8 milliards de dollars, soit environ 12,9 à 13,8 milliards d’euros, quand Wall Street visait plutôt 13 milliards.
Foundry : Tesla ouvre le dossier 14A
La branche fonderie a généré 5,4 milliards de dollars de revenus sur le trimestre. Mais l’essentiel provient encore des besoins internes d’Intel. Les revenus issus de clients externes restent inférieurs à 200 millions de dollars, principalement sur des activités de wafers legacy.
Le point marquant vient d’ailleurs. Tesla devient le premier grand client du nœud Intel 14A, dans le cadre du complexe de puces IA Terafab qu’Elon Musk développe à Austin. Les modalités exactes de l’accord n’ont pas été détaillées. Le scénario le plus plausible, à ce stade, serait une licence autour du procédé Intel 14A, sans confirmation officielle des deux parties.

Intel a aussi engrangé un second succès côté clients stratégiques. Plus tôt ce mois-ci, le groupe a élargi son accord avec Google dans l’infrastructure IA, avec une extension de leur co-développement autour d’IPU personnalisés basés sur des ASIC.
Nouveaux lancements et montée en capacité
Sur le trimestre, Intel a lancé plusieurs nouvelles familles de processeurs : Xeon 600 pour stations de travail, Core Ultra 200S Plus et 200HX Plus pour desktop et mobile, Core Ultra Series 3 avec vPro, Core Series 2 pour l’edge, ainsi que Core Series 3, présentés comme les premiers puces grand public construites sur Intel 18A.
Le groupe a aussi repris la participation de 49 % qu’il ne détenait pas encore dans Fab 34 en Irlande. En parallèle, Intel a étendu ses capacités d’assemblage et de test à Penang, en Malaisie.




Le signal le plus intéressant n’est pas seulement la qualité du trimestre, mais le début d’une validation industrielle externe pour la fonderie. Tant que le revenu clients hors Intel reste sous les 200 millions de dollars, le redressement du foundry reste surtout interne ; en revanche, voir Tesla apparaître sur 14A change la nature du dossier, parce qu’il ne s’agit plus seulement de promesses de roadmap, mais d’un premier test de crédibilité commerciale sur un nœud de nouvelle génération.
Source : TechPowerUp