
La place manque dans les datacenters, mais les charges critiques continuent de grossir. IBM répond à cette tension avec une déclinaison plus compacte de ses systèmes Z et LinuxONE, désormais proposée aussi bien en châssis simple qu’en intégration rack.
IBM z17 s’ouvre enfin au format rack

IBM annonce de nouvelles configurations pour les IBM z17 et IBM LinuxONE 5. C’est la première fois que l’ensemble du portefeuille Z et LinuxONE est disponible à la fois en version rack mount et en système single frame.
Le groupe met en avant un contexte tendu côté hébergement. D’après le 2026 Global Data Center Trend Report de CBRE, les taux de vacance des datacenters sont à des niveaux historiquement bas, tandis que les loyers dépassent 400 dollars par kW et par mois, soit environ 370 euros au taux actuel, à titre indicatif.
L’idée est simple : permettre aux entreprises qui traitent des charges sensibles à grande échelle de mieux utiliser leur surface disponible, sans renoncer aux standards habituels de performance, de sécurité et d’écosystème associés aux plateformes maison.
Jusqu’à 82 cœurs et 18 To de mémoire
Ces nouvelles configurations montent jusqu’à 82 cœurs et 18 To de mémoire répartis sur deux tiroirs processeur. IBM évoque un gain d’environ 20 % sur le nombre de cœurs et de 12 % sur la capacité mémoire.
À mesure que les systèmes gagnent en densité, la bataille se déplace aussi vers les blocs fondamentaux du silicium, comme le montre la puce IBM à 0,7 nm et ses 100 milliards de transistors.
Sur l’IBM z17 ME2, la capacité processeur unitaire permet des configurations IBM z/OS à pleine vitesse, avec un débit par cœur annoncé comme 10 % supérieur à celui de l’IBM z16 A02, selon la charge et la configuration retenue.

Quatre déclinaisons selon la densité et l’usage
L’IBM z17 single frame est livré dans un rack IBM avec iPDU intégrées, sous la forme d’une unité fermée prête à déployer. IBM ajoute désormais la possibilité d’y cohabiter avec d’autres technologies.
L’IBM z17 rack mount permet au contraire d’installer les composants IBM Z directement dans un rack standard du client, avec la même logique de co-localisation.
Du côté Linux, IBM LinuxONE Rockhopper 5 vise les charges denses avec accélération IA sur puce, confidential computing et cryptographie post-quantique, en versions single frame et rack mount. IBM ajoute aussi des offres Rockhopper 5 rack mount et Express dans un format compact 18U, pensées pour un volume de charges plus réduit, avec un point d’entrée plus accessible et évolutif.
Comme le reste de la gamme dévoilée l’an dernier, ces systèmes s’appuient sur le processeur IBM Telum II, Red Hat OpenShift AI et le IBM Spyre Accelerator pour exécuter de l’inférence IA multimodèle, à la fois prédictive et générative, directement dans les transactions.
Outils d’exploitation, COBOL et sécurité post-quantique
IBM accompagne ce lancement avec IBM Infrastructure Management for Z and LinuxONE, une couche qui regroupe provisionnement, configuration et opérations. La promesse repose sur l’automatisation via Terraform et des approches Infrastructure-as-Code, avec une interface unifiée et une topologie I/O visuelle pour réduire la dépendance aux profils très spécialisés.
Autre brique annoncée, IBM COBOL Elevate for z/OS doit aider à moderniser et optimiser les applications COBOL sur IBM z17, sans réécriture et sans compétence spécifique supplémentaire. La disponibilité est fixée au 18 septembre 2026.
La cryptographie post-quantique devient désormais standard sur les z17 et LinuxONE Rockhopper 5. IBM y associe confidential computing et gestion centralisée des secrets, ainsi que de nouvelles fonctions IBM Crypto Discovery & Inventory pour donner une vue consolidée de la posture cryptographique à l’échelle de l’entreprise.
Les nouveaux z17 single frame, z17 rack mount, IBM LinuxONE Rockhopper 5 et IBM LinuxONE 5 Express seront disponibles à partir du 12 août 2026. IBM Infrastructure Management for IBM Z and IBM LinuxONE suivra le 14 août 2026.
Ce lancement dit surtout une chose : même le mainframe doit désormais composer avec les contraintes physiques et économiques des datacenters modernes. En proposant enfin des formats plus souples, IBM cherche moins à réinventer Z qu’à l’installer plus facilement là où la place, l’énergie et les compétences deviennent les vraies ressources rares.
Source : TechPowerUp