
La flambée des prix de la mémoire et des SSD, dopée par la demande des centres de données IA sur la DRAM et la NAND, nourrit un marché parallèle de faux produits de plus en plus sophistiqués. Dernier cas en date au Japon, repéré par Akiba PC Hotline : des SSD « Samsung 990 Pro » contrefaits capables de tromper des utilitaires courants, avec des débits et une capacité qui paraissent cohérents à première vue.

Des faux 990 Pro qui simulent des scores crédibles
Après un faux « 980 Pro » vu le mois dernier, qui affichait des infos correctes dans l’Explorateur Windows, la Gestion des disques, CrystalDiskInfo, mais plafonnait à 20 Mo/s en écritures réelles, une imitation de 990 Pro 1 To va plus loin. Dans CrystalDiskInfo, la carte contrefaite annonce 7255 Mo/s en lecture et 6090 Mo/s en écriture, très proche des 7453/6953 Mo/s relevés sur un véritable 990 Pro. Le test H2testw ne détecte pas non plus de réduction de capacité : le téraoctet semble entier.
C’est en charge soutenue que le masque tombe. Sur FastCopy, la copie d’un fichier d’environ 400 Go prend 25 minutes, soit 261 Mo/s effectifs, quand un vrai 990 Pro boucle l’opération en 3 min 30 s à 1861 Mo/s. Les benchmarks de surface sont donc usurpés, mais la tenue en écriture prolongée s’effondre.


Indices matériels et signaux logiciels
Le PCB trahit l’arnaque : on y trouve un contrôleur Maxio MAP1602, à la place du contrôleur maison de Samsung. L’absence de DRAM est un autre marqueur critique, alors que le 990 Pro authentique embarque une mémoire cache DDR4 SDRAM. Côté packaging, boîtes et notices imitent correctement l’original, mais la comparaison rapprochée révèle des écarts d’impression et de trame.

Les utilitaires ne sont pas totalement aveugles. CrystalDiskInfo fait remonter un numéro de série « 8888888888 », aberrant. Samsung Magician identifie l’unité comme « non Samsung » et échoue au diagnostic. Reste qu’aucun message explicite « contrefaçon » n’apparaît, laissant une zone grise où seul un test de copie lourde, l’observation du contrôleur et la présence d’une DRAM permettent de trancher.
Le contexte de tension sur les wafers NAND et DRAM rend ces faux plus dangereux pour le marché grand public comme pour les intégrateurs pressés de contenir leurs coûts. La sophistication croissante, avec falsification des identifiants et des télémétries SMART, va pousser les revendeurs à renforcer les réceptions qualitatives et les acheteurs à systématiser les tests en écriture soutenue et la vérification physique des contrôleurs avant déploiement.
Source : ITHome