
Selon Business Insider, David J. Malan, professeur de Harvard et figure de proue du cours CS50, estime que l’IA n’est pas l’unique responsable du reflux d’intérêt pour l’informatique dans les universités américaines. La baisse des embauches et le refroidissement plus large du secteur tech auraient entamé l’attractivité du cursus bien avant l’explosion de ChatGPT et des modèles génératifs.
« Les postes se sont raréfiés et certaines grandes entreprises ont même cessé de venir sur les campus », résume Malan, pointant une contraction des besoins en profils juniors. L’IA joue son rôle, admet-il, en brouillant la perception de la valeur des compétences, mais elle ne fait qu’amplifier un mouvement enclenché en amont par le cycle économique du secteur.
Le signal statistique est net: d’après le National Student Clearinghouse, qui couvre 97 % des établissements américains, les inscriptions en licence d’informatique pour l’automne 2025 reculent de 8,1 % sur un an. En volume, c’est la plus forte baisse annuelle observée depuis au moins 2020, toutes filières confondues.
Un cycle tech classique plus qu’un décrochage structurel
Malan anticipe des oscillations persistantes de l’intérêt pour l’informatique, au rythme des hauts et des bas du marché. Les réactions restent souvent émotionnelles, « trop optimistes ou trop pessimistes », note-t-il, jusqu’à ce qu’une vision plus rationnelle s’impose: la technologie vaut d’abord par son apport durable, pas par les emballements de court terme.
Il rappelle enfin que l’enseignement du CS ne se réduit pas à une grammaire de langages, mais forge une capacité de résolution de problèmes transférable. Qu’ils restent dans la tech ou non, les étudiants capitalisent sur une compétence de fond, moins sensible aux modes que les besoins immédiats du recrutement.
Pour les départements informatiques comme pour l’industrie, l’enjeu est d’ajuster le curseur: intégrer l’IA dans les cursus et les outils sans diluer l’exigence méthodologique. À court terme, la contraction des postes juniors pèse sur les viviers. À moyen terme, la normalisation des usages IA devrait réhausser la demande en profils capables d’orchestrer systèmes, données et contraintes produit au-delà de l’autocomplétion de code.
Source : ITHome