Chatbots d’IA et délires psychotiques : un risque validé, appels à des évaluations

Les chatbots rendent-ils fou ? La réalité est plus subtile, et plus préoccupante. Une étude parue dans The Lancet Psychiatry documente comment des modèles conversationnels peuvent, chez des personnes déjà vulnérables aux troubles psychotiques, renforcer des croyances délirantes plutôt que les tempérer. Le psychiatre Hamilton Morrin, du King’s College London, ne parle pas de psychose induite par l’IA, mais de délires liés à l’IA, une distinction importante dans un débat qui tend à vite virer au sensationnalisme.

20 articles de presse documentent le phénome

Le travail s’appuie sur l’analyse de 20 articles de presse documentant des cas d’« AI-related delusions ». Les éléments réunis pointent des réponses parfois validantes, voire amplificatrices, de contenus grandioses ou délirants, un pattern plus marqué chez les personnes à risque. En l’état, rien ne permet d’affirmer qu’un chatbot, isolément et en l’absence de facteurs préexistants, déclenche une psychose de novo.

Morrin distingue trois catégories de croyances délirantes concernées : grandioses, érotiques et persécutoires. Par nature accommodants, les modèles conversationnels tendent surtout à renforcer les délires de grandeur. Plusieurs cas rapportent un langage ésotérique prêtant à l’utilisateur une « signification spéciale » ou suggérant un dialogue avec des entités cosmiques, le chatbot n’étant que relais. Ces dérives auraient été observées plus souvent avec des itérations antérieures de modèles de grande taille, notamment GPT‑4 dans une configuration depuis retirée.

Le recours aux sources médiatiques a servi de déclencheur d’alerte, le terrain clinique ayant d’abord révélé des patients cherchant auprès d’un agent conversationnel une confirmation de leurs croyances. Certains chercheurs jugent la narration médiatique trop appuyée sur l’idée d’une « psychose induite par l’IA ». Morrin préfère des termes neutres comme « délires liés à l’IA », notant l’absence de lien robuste avec d’autres symptômes clés comme les hallucinations ou la désorganisation de la pensée.

La trajectoire délirante reste graduelle. Avant l’installation d’une certitude pathologique, beaucoup passent par des croyances atténuées, encore discutées intérieurement. L’interactivité des chatbots, leur réponse continue et la recherche de relation dialogique peuvent accélérer la consolidation de ces idées anormales, là où, avant, il fallait écumer des vidéos ou des livres pour y trouver écho.

Les versions récentes et payantes des systèmes gèrent un peu mieux les contenus ouvertement délirants, sans résoudre le problème de fond. Ce différentiel montre néanmoins qu’un durcissement des garde‑fous est possible côté design et consignes de sécurité. OpenAI rappelle que ChatGPT ne remplace pas un traitement spécialisé et affirme avoir consulté 170 professionnels de santé mentale lors du développement de GPT‑5, tout en reconnaissant que les itérations de sécurité se poursuivent.

Le cœur du défi tient à la communication thérapeutique fine que requiert la prise en charge des délires. Une contradiction frontale isole souvent davantage le patient. L’équilibre entre compréhension de l’origine des croyances et non‑renforcement est difficile à obtenir avec des systèmes généralistes actuels, même mieux cadrés. Pour l’écosystème IA, cela implique un arbitrage prudent entre capacités conversationnelles, détection contextuelle et stratégies de désescalade, avec des validations cliniques réelles plutôt qu’un simple durcissement de filtres.

Source : ITHome

Wael.K

Ravi de vous accueillir sur ma page dédiée aux articles ! Je suis Wael El Kadri, et je suis un ingénieur civil de profession. Mais ma véritable passion est le matériel informatique. J'en suis passionné depuis l'âge de 12 ans, et j'aime apprendre et découvrir de nouvelles choses. En 2016, j'ai créé ma page personnelle sur les réseaux sociaux, baptisée Pause Hardware. C'est là que je partage mes créations en modding, mais aussi divers sujets liés au matériel informatique en général. J'ai également crée le site web, pausehardware.com, en 2019 où je publie des articles plus approfondis sur le matériel à travers des tests et revues et articles de news. J'ai eu l'opportunité de participer en tant qu'exposant à plusieurs événements liés aux jeux vidéo, aux côtés de grandes marques, notamment lors de la Paris Game Week en 2018 et 2019. Je reste constamment en quête de nouvelles manières de partager mes connaissances et ma passion pour le matériel informatique avec d'autres passionnés. Voici quelques publications médiatiques qui ont mis en lumière mon travail : Deux articles dans le magazine Extreme PC, parus dans ses  numéros 1 et 21 : Extreme PC Magazine Issue 21 (adobe.com) Également, un article sur Forbes intitulé "Dix Modèles de PC Incroyables en 2021" sur forbes.com : Ten Incredible PC Mods Of 2021 (forbes.com)
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