
Sur une station de travail HP facturée plus de 46 000 dollars, soit environ 42 000 euros à titre indicatif, Linux prend l’avantage là où Windows 11 est encore souvent présumé intouchable. Dans la moyenne géométrique des mesures, CachyOS s’installe en tête et relègue Windows 11 Pro en dernière position, avec un écart de 14,9 % en mode Performance.
CachyOS prend la tête sur une plateforme workstation extrême

Les essais publiés par Phoronix opposent CachyOS, AlmaLinux 10.2, Ubuntu 26.04, Fedora Workstation 44 et Windows 11 sur une HP Z4 G6i équipée d’un Intel Xeon 678X Granite Rapids WS à 48 cœurs, de 128 Go de DDR5-6400 et d’une NVIDIA RTX Pro 6000 Blackwell. Le panel mélange charges CPU et GPU, avec une orientation claire vers les usages de station de travail.
Le résultat global place CachyOS, surtout en mode Performance, au sommet ou tout près de la première place selon les tests. AlmaLinux 10.2 se montre également très solide, tandis qu’Ubuntu 26.04 et Fedora Workstation 44 restent en retrait de quelques points dans plusieurs charges.
Rendu 3D, compression et calcul CPU tournent souvent à l’avantage de Linux
Sur Blender et IndigoBench 4.4, en rendu CPU comme GPU, CachyOS et AlmaLinux devancent Windows 11, y compris en CUDA. L’écart le plus net apparaît en rendu purement CPU, où Windows 11 accuse jusqu’à 12 % de retard sur CachyOS. Ubuntu et Fedora restent mesurablement plus lentes, mais dans une fourchette plus contenue de 3 à 4 %.

Le même schéma revient sur le benchmark de compression 7-Zip, où Linux garde une avance nette sur Windows, sans vraie hiérarchie marquée entre distributions Linux. Sur ce type de charge, le travail effectué au niveau du noyau et des réglages système semble donc produire un gain tangible.
Windows garde des points d’appui sur certains moteurs GPU
Le tableau n’est pas uniforme. Avec V-Ray 6.0 de Chaos Group, Windows reprend la main sur les tests RTX avec 6 % de rays supplémentaires, et conserve encore 2 % d’avance en rendu CUDA. En CPU, en revanche, Linux repasse devant, CachyOS menant alors avec 18 % de mieux que Windows, même si l’écart avec les autres distributions Linux reste modeste.

Neatbench, GravityMark 1.87, Unigine Superposition 1.0 et OctaneBench donnent encore l’avantage à CachyOS dans l’ensemble, mais avec des gains parfois faibles. Dans OctaneBench, seuls CachyOS en mode Performance et AlmaLinux passent devant Windows. FluidX3D est pratiquement à égalité, même si Windows 11 y conserve une avance technique de quelques fractions de pourcent.
OSPRay Studio et LuxCoreRender livrent enfin des résultats plus irréguliers, avec des manches gagnées par Windows sur certaines mesures, puis des écarts nettement favorables à toutes les distributions Linux sur d’autres. Pour une station de travail, la lecture application par application reste donc indispensable.

Ce qui ressort surtout de cette série, c’est que l’écart entre systèmes d’exploitation ne se joue plus uniquement sur la compatibilité ou l’écosystème logiciel. Sur du matériel aussi haut de gamme, les optimisations du noyau, de l’ordonnanceur et des profils d’alimentation peuvent désormais peser assez lourd pour infléchir un choix d’OS, y compris dans des environnements professionnels longtemps acquis à Windows.
Source : Phoronix