
Le poids des commandes redistribue les cartes dans la chaîne d’approvisionnement de l’IA. En obtenant des conditions comparables à celles de NVIDIA chez Samsung, Broadcom efface un avantage tarifaire longtemps réservé au premier acheteur de mémoire du secteur.
Broadcom rattrape NVIDIA dans les négociations avec Samsung

D’après la newsletter WK, la forte hausse des volumes achetés par Broadcom lui permet désormais de payer les puces mémoire Samsung à un niveau similaire à NVIDIA. Les deux groupes ont dû accepter les augmentations du fabricant coréen, alors que NVIDIA bénéficiait auparavant de tarifs inférieurs grâce à l’ampleur de ses commandes.
Les nouvelles conditions tarifaires s’inscrivent dans l’accord massif entre Samsung et Broadcom pour l’IA, qui sécurise leurs relations d’approvisionnement sur plusieurs années.
Cette évolution intervient dans un contexte de tension sur les marges. NVIDIA cherche à contenir ses coûts d’approvisionnement après avoir affiché une marge brute de 75 % au deuxième trimestre de son exercice fiscal. Le groupe anticipait ensuite 74 % au troisième trimestre, puis une fourchette de 71 à 72 % au quatrième trimestre.
Samsung défend de son côté des prix élevés pour profiter de l’envolée du marché mémoire et réduire les pertes opérationnelles de son activité de fonderie. Des analystes coréens estiment que celles-ci pourraient reculer d’environ 42 % en 2026, notamment parce que les générations récentes de mémoire exigent également des procédés logiques avancés pour fabriquer leurs dies de base.
Le constructeur étudierait notamment l’emploi de son procédé 2 nm pour ces composants, en complément de sa feuille de route HBM4 en 4 nm. La mémoire devient ainsi un levier direct pour mieux remplir les capacités de fonderie et améliorer leur rentabilité.

Anthropic au cœur d’un financement de 42 milliards de dollars
La montée en puissance de Broadcom repose en partie sur Anthropic, appelé à devenir son principal client en 2027. Le laboratoire d’IA prévoirait alors de déployer 5 GW de TPU, avant de porter cette capacité à 10 GW en 2028.
Reuters rapporte par ailleurs que Broadcom aurait accepté de prêter jusqu’à 42 milliards de dollars, soit environ 36 milliards d’euros à titre indicatif, afin de financer les infrastructures d’Anthropic. Cette facilité couvrirait une part importante des 125 milliards de dollars, environ 108 milliards d’euros, d’engagements locatifs contractés par le laboratoire sur cinq ans.
Anthropic reconnaîtrait toutefois que ce montage peut créer des conflits d’intérêts autour de son accès aux capacités de calcul. Broadcom cumulerait en effet les rôles de fournisseur technologique, de partenaire financier et de bénéficiaire direct des investissements réalisés grâce à ce financement.
La parité tarifaire obtenue auprès de Samsung ne menace pas immédiatement la domination de NVIDIA sur les accélérateurs, mais elle confirme un déplacement du rapport de force. Avec des volumes mémoire en forte croissance et un engagement financier massif auprès d’Anthropic, Broadcom construit un écosystème vertical où commandes, financement et déploiement de puces s’alimentent mutuellement.
Source : Wccftech