
Le bras de fer se tend sur l’un des équipements les plus stratégiques de l’industrie. ASML veut faire payer plus cher ses scanners EUV Low-NA, et TSMC apprécie très peu l’idée.
ASML Low-NA EUV : une hausse de prix désormais envisagée
Lors de la publication de ses résultats du deuxième trimestre, ASML a confirmé étudier une hausse des prix sur ses outils Low-NA EUV. Le directeur financier Roger Dassen explique que le groupe aligne sa politique tarifaire sur la valeur délivrée aux clients, avec une logique assumée de value-based pricing.
Le point clé, c’est la productivité. ASML estime que les progrès continus de ses machines ouvrent une marge pour des relèvements tarifaires, d’autant plus dans le contexte actuel où leur valeur industrielle est jugée plus élevée que d’ordinaire.
Les gains viennent surtout du logiciel
Une partie importante de ces gains récents ne vient pas d’une refonte matérielle, mais des logiciels qui pilotent les machines EUV. ASML s’appuie notamment sur son activité Installed Base Management, dédiée à la maintenance et à l’amélioration des équipements déjà installés.
Roger Dassen l’a résumé clairement : la productivité des outils Low-NA continue de progresser, ce qui crée une trajectoire favorable à de futures augmentations de prix. Pour ASML, si la machine produit davantage, elle vaut davantage.
Les modèles concernés et la friction avec TSMC
La hausse viserait les scanners TWINSCAN NXE:3800E destinés aux procédés en 2 nm, les TWINSCAN NXE:3600D pour les nœuds en 3 nm et 5 nm, ainsi que les TWINSCAN NXE:3400C utilisés pour le 5 nm et le 7 nm. Ce dernier est d’ailleurs considéré comme proche de la maturité.
Les commandes actuelles resteraient couvertes par des prix déjà fixés. En revanche, à partir de 2028, ASML prévoit d’ajuster les tarifs de ses scanners Low-NA EUV, une perspective qui provoquerait une forte irritation chez TSMC.
Le géant taïwanais peut contester, mais sa marge de manœuvre reste limitée. Il n’existe tout simplement aucun fournisseur alternatif capable de livrer des scanners EUV comparables pour ce type d’applications, ce qui laisse à ASML une position de force rare dans l’industrie.
Reste que cette position dominante s’inscrit dans une séquence de résultats déjà très porteuse pour le groupe, comme le montre le dernier point sur les résultats trimestriels d’ASML et ses objectifs relevés.
Cette séquence rappelle surtout que, dans la lithographie avancée, le pouvoir ne se joue pas seulement sur les feuilles de route technologiques. Il se joue aussi sur la capacité d’un fournisseur unique à monétiser chaque gain de productivité, même quand ses plus gros clients n’ont aucune solution de repli crédible.
Source : TechPowerUp