
La pression monte encore d’un cran autour d’ASML, avec une cible désormais bien plus large que les seuls équipements de pointe. Si Washington obtient gain de cause, la Chine pourrait aussi perdre l’accès à la quasi-totalité des machines DUV du groupe néerlandais, un segment encore crucial pour ses capacités de production.
ASML Chine : les DUV à leur tour dans le viseur
D’après des informations relayées par NU.nl, le gouvernement américain ferait pression sur La Haye pour contraindre ASML à stopper presque toutes ses exportations d’équipements de fabrication de puces vers la Chine. La manœuvre s’inscrit dans la continuité des restrictions déjà imposées sur les machines de lithographie EUV, interdites à l’export vers le marché chinois depuis 2019.
Dans les faits, ASML n’a jamais livré le moindre scanner EUV à la Chine. Sous pression américaine, le gouvernement néerlandais avait bloqué ces exportations dès 2019, fermant l’accès de Pékin aux outils les plus avancés de l’industrie des semi-conducteurs.
Depuis, le durcissement s’est déplacé vers les scanners DUV, plus anciens mais toujours indispensables à une large part de la production. Leur expédition vers la Chine nécessite déjà une licence nationale d’exportation, mais Washington chercherait désormais à aller plus loin.
Pour mesurer ce que Pékin tente déjà de contourner, la production locale limitée de machines DUV immersion donne un premier aperçu très concret.
Le MATCH Act veut aligner les alliés sur une ligne plus dure
Un projet de loi bipartisan est actuellement examiné au Congrès américain : le Multilateral Alignment of Technology Controls on Hardware, ou MATCH Act. Son objectif est clair : pousser les pays alliés des États-Unis à appliquer des contrôles technologiques plus stricts, y compris sur les machines DUV plus anciennes.
Si cette orientation se concrétise, ASML pourrait quasiment cesser toute exposition commerciale à la Chine. Ce point est stratégique, car ce sont précisément les outils DUV qui restent aujourd’hui au cœur des restrictions en discussion côté américain.
La fenêtre de tir chinoise se réduit, mais ne disparaît pas
La Chine ne partirait toutefois pas totalement de zéro. Shanghai Yuliangsheng Technology aurait lancé en juillet une production limitée de machines de lithographie DUV à immersion domestiques. L’entreprise viserait 5 systèmes livrés cette année, puis environ 20 machines DUV à immersion d’ici 2027.
Plusieurs clients seraient déjà positionnés, dont SMIC, CXMT et Hua Hong. Autrement dit, si l’interdiction n’entre pas en vigueur immédiatement, son impact sur les futures installations DUV en Chine pourrait être moins brutal qu’attendu. En revanche, une mise en œuvre rapide compliquerait directement la situation des industriels chinois encore dépendants des systèmes ASML.
Le point clé, au-delà du symbole politique, est le calendrier. Chaque mois gagné permet à l’écosystème chinois de réduire sa dépendance sur un maillon critique ; chaque mois perdu renforce au contraire l’effet immédiat des sanctions sur la capacité de production locale, même sans accès à l’EUV.
Source : NL Times