
Selon Business Insider, l’appétit pour les actions d’Anthropic sur le secondaire a fait grimper des échanges privés à une valorisation avoisinant 1 000 milliards de dollars, un palier jugé irréaliste il y a encore quelques semaines. À l’inverse, l’intérêt pour les titres OpenAI se tasse, malgré une valorisation primaire récente de 852 milliards de dollars.
Anthropic surchauffe, OpenAI se refroidit
Forge Global évoque une fourchette « stable » autour de 1 000 milliards de dollars pour Anthropic sur sa plateforme, tandis qu’OpenAI s’y traite près de 880 milliards de dollars, légèrement au-dessus de son tour de mars. Plusieurs offres ont circulé plus haut encore : un actionnaire d’Anthropic aurait testé le marché sur la base de 1 150 milliards, et un fonds de croissance réputé aurait proposé un ticket équivalent à 1 050 milliards. Des acheteurs prêts à arbitrer jusque… à la vente d’actifs immobiliers sont mentionnés au-delà de 800 milliards.
Le flux est étroit : les titres disponibles proviennent surtout d’employés actuels ou sortants et d’investisseurs historiques. Des intermédiaires du secondaire, comme Rainmaker Securities, décrivent des enchères éclairs où les blocs partent en quelques heures, nourries par une FOMO plus que par les fondamentaux. Côté OpenAI, le ton est bien plus terne : les prix proposés passent sous le dernier tour pour nombre de demandes, signe d’un basculement d’humeur vers Anthropic.
Contexte marché et traction produit
Anthropic a bouclé en janvier un financement mené par GIC et Coatue à 380 milliards de dollars, avant l’emballement actuel. Les indicateurs qui circulent dans l’écosystème mettent en avant une montée rapide des revenus et la dynamique de Claude Code sur le segment des assistants de programmation, deux catalyseurs qui ont activé un effet d’entraînement auprès des fonds late-stage et family offices.
Des investisseurs précoces, comme Bradley Horowitz (Wisdom Ventures), confirment recevoir quotidiennement des sollicitations de rachat, qu’ils déclinent pour conserver l’exposition long terme. Le marché reste structurellement short en papier, ce qui accentue la prime de rareté. Dans ce contexte, les valorisations de gré à gré s’éloignent des tours primaires et deviennent très sensibles au flux d’offres ponctuelles.
Si la flambée actuelle traduit un repositionnement des capitaux vers Anthropic, elle reflète surtout un marché secondaire mal approvisionné où l’étiquette d’actionnaire pèse parfois plus que la visibilité sur la marge brute, l’ARPU ou les coûts d’inférence. La prochaine fenêtre de liquidité primaire ou un élargissement de l’offre au secondaire dira si ce plafond symbolique tient, ou si la courbe se normalise au contact d’une base d’acheteurs moins émotionnelle.
Source : ITHome