
Le moteur de croissance d’AMD ne se cache plus : le Data Center a généré à lui seul 6,7 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. À ce niveau, l’IA ne soutient plus seulement les comptes du groupe, elle redessine déjà l’équilibre de toute l’entreprise.
Sur la période, AMD a enregistré un chiffre d’affaires record de 11,5 milliards de dollars, soit environ 10,6 milliards d’euros à titre indicatif, avec une marge brute de 54 %, un résultat opérationnel de 2,0 milliards, un bénéfice net de 2,3 milliards et un bénéfice dilué par action de 1,38 dollar. En non-GAAP, la marge brute atteint 56 %, le résultat opérationnel 3,1 milliards, le bénéfice net 2,8 milliards et le BPA dilué 1,66 dollar.
AMD Q2 2026 : le Data Center devient le centre de gravité

La division Data Center a progressé de 107 % sur un an pour atteindre 6,7 milliards de dollars. AMD attribue cette hausse à la demande sur les processeurs EPYC et les GPU Instinct. Le segment représente désormais 58 % du chiffre d’affaires total du trimestre.
Lisa Su évoque un second semestre lancé avec un fort momentum, porté par l’accélération de la demande EPYC, la montée en charge des déploiements Instinct et le début de ramp-up de Helios. Jean Hu va dans le même sens et anticipe une nouvelle accélération des ventes Data Center sur la seconde moitié de 2026.
Client, gaming et embarqué : des dynamiques très différentes

Le bloc Client and Gaming a généré 3,8 milliards de dollars, en hausse de 6 % sur un an. Dans le détail, l’activité client monte à 3,1 milliards, soit +23 %, grâce aux processeurs Ryzen, tandis que le gaming retombe à 779 millions de dollars, en baisse de 31 %, pénalisé par un recul du semi-custom.
Le segment Embedded atteint pour sa part 977 millions de dollars, en progression de 19 %, avec une demande en reprise sur plusieurs marchés finaux. Le contraste est net : la croissance reste largement tirée par le serveur et l’IA, alors que le jeu vidéo pèse moins dans la trajectoire immédiate du groupe.
Helios, MI400, EPYC : AMD aligne sa pile IA complète
Au-delà des résultats, AMD a multiplié les annonces autour de l’IA. Le groupe a lancé AMD Helios, présenté comme le rack serveur IA le plus puissant au monde, avec un positionnement centré sur les tokens d’inférence par dollar. Parmi les premiers déploiements ou partenaires cités figurent Anthropic, Cirrascale, HUMAIN, Meta, Microsoft, OpenAI, Oracle, Tensorwave et Vultr.
AMD a également dévoilé la famille Instinct MI400 Series, dont le MI455X pour l’entraînement et l’inférence IA à grande échelle, ainsi que le MI430X, orienté HPC et IA souveraine. Le constructeur a aussi lancé le MI350P, pensé pour apporter une accélération IA dans l’infrastructure existante avec un accent mis sur l’économie par token.
AMD a beau capitaliser sur ses propres puces, la montée en puissance de l’IA reste aussi une histoire d’infrastructure, et les derniers résultats de TSMC et son trimestre record le montrent bien.

Côté CPU serveur, AMD a présenté les EPYC de 6e génération, destinés aux charges agentic AI, généralistes et entreprise. La brique logicielle évolue elle aussi avec ROCm.ai, un environnement de développement orienté IA conçu pour accélérer la création, le déploiement et l’optimisation sur les plateformes AMD.
Le volet partenariats est tout aussi lourd. AMD annonce un accord stratégique avec Anthropic pour déployer jusqu’à 2 gigawatts de GPU MI450 Series dans des racks Helios, ainsi qu’une collaboration pluriannuelle autour des GPU Instinct, de ROCm et de Claude. Avec Microsoft, le groupe prévoit des déploiements Helios à grande échelle sur Azure, deux nouvelles séries de VM basées sur EPYC et une extension de l’usage des Pensando DPU dans les services réseau Azure. AMD a aussi annoncé une collaboration avec Cerebras pour combiner Helios et le Wafer-Scale Engine sur l’inférence à très faible latence, ainsi que l’acquisition de MEXT, spécialiste d’une technologie prédictive de mémoire assistée par IA.
PC, Radeon et embarqué : l’écosystème continue de s’étendre
Sur le PC, AMD a lancé les systèmes Ryzen AI Halo pour les développeurs visant des workflows d’agentic AI en local. Le groupe a aussi étendu sa gamme Ryzen PRO 9000 Series, avec l’arrivée de la 3D V-Cache dans les stations de travail d’entreprise, lancé les Ryzen 7700X3D et prolongé le support du socket AM5 jusqu’en 2029.
AMD signale également une collaboration avec Cisco autour des systèmes Ryzen AI Halo et de briques réseau, observabilité et sécurité pour le déploiement d’IA hybride et locale en entreprise. Côté GPU grand public, la disponibilité mondiale des Radeon RX 9070 GRE a été élargie.
Dans l’embarqué et l’adaptatif, AMD a présenté les Ryzen AI Embedded X100 Series, les solutions Kria AI avec system-on-modules et plateforme de développement robotique, ainsi que les Versal Premium Series Gen 2 Memory on Package adaptive SoCs pour les usages test et mesure, vidéo professionnelle, communications, aérospatial et défense.










Pour le troisième trimestre 2026, AMD vise un chiffre d’affaires d’environ 13 milliards de dollars, avec une variation possible de plus ou moins 300 millions. Le point médian implique une croissance annuelle d’environ 41 % et une hausse séquentielle d’environ 13 %, avec une marge brute non-GAAP attendue à 56 %.
Le message est assez clair : AMD n’est plus seulement dans une phase de montée en puissance produit, mais dans une phase d’industrialisation commerciale à grande échelle sur l’IA. Le recul du gaming reste visible, mais il pèse désormais bien moins que la capacité du groupe à convertir ses plateformes EPYC, Instinct et Helios en volumes concrets face à NVIDIA et, sur le cloud, aux stratégies internes des hyperscalers.
Source : TechPowerUp