
La bataille thermique se déplace clairement vers les charges IA, et les AIO doivent désormais suivre des densités de puissance qui débordent largement du simple PC gaming. Au Computex 2026, Asetek avance une nouvelle architecture pensée pour cette montée en régime, avec des gains annoncés à la fois sur la dissipation et sur l’acoustique.
AIO Asetek : Emma V3 ouvre une nouvelle génération
La nouvelle base technique présentée par le fabricant repose sur une plaque froide à décalage complet optimisée de 4 mm, conçue pour mieux gérer les hotspots des processeurs actuels. Asetek la positionne explicitement comme une architecture destinée aux AI PC et aux stations de travail IA, avec en ligne de mire une meilleure efficacité thermique et un profil sonore plus discret.

Au cœur de cette annonce, on trouve la plateforme Emma V3 [Gen10], dévoilée pour la première fois au salon. Selon Asetek, elle réduit la résistance thermique de 1,5 °C par rapport à la génération précédente sur des charges TDP typiques, tout en abaissant le volume acoustique perçu d’environ 45 %.
Cette logique d’optimisation ne sort pas de nulle part : elle rappelle aussi que le refroidissement liquide est devenu un terrain stratégique pour les marques qui cherchent à gagner quelques degrés sans sacrifier le silence, comme on le voit avec le premier AIO Noctua présenté au Computex 2026, pensé lui aussi comme une réponse très ambitieuse aux attentes de performance et d’acoustique.
Sur le plan technique, Emma V3 adopte un design dual-offset associé à des kits de rétention optimisés et à des micro-canaux à rainure centrale. L’objectif est de mieux épouser le comportement thermique des CPU modernes, tout en laissant davantage de souplesse côté intégration système. TRYX sera l’un des premiers à l’exploiter dans son écosystème, tandis que l’architecture premium fera ses débuts mondiaux dans un watercooling ASUS ROG Limited Special Edition.
Ingrid G9 se diffuse chez ADATA, NZXT et TRYX
Asetek a aussi mis en avant l’extension de sa plateforme Ingrid [G9], déjà aperçue l’an dernier avec l’Antec Vortex View 360. Cette fois, ADATA, NZXT et TRYX adoptent la base technique pour leurs nouveaux modèles vitrine présentés au Computex 2026.

Le constructeur évoque jusqu’à 3 °C de mieux sur la température CPU à TDP typique face aux prédécesseurs respectifs. Deux déclinaisons sont mises en avant. Ingrid Mainstream cible le segment principal avec un niveau sonore annoncé entre 18 et 20 dB(A) à 25 cm, ainsi qu’une structure de ventilateurs préinstallés simplifiée, notamment pour NZXT et TRYX. Ingrid Value, développé avec ADATA, sert de base à la plateforme ADATA Levante View afin d’amener la même architecture thermique sur un niveau tarifaire plus accessible.
En parallèle, Asetek signale aussi la présence du ASRock Taichi 360 HOLO basé sur Emma V2, ainsi que du TRYX HOLO équipé de Sigrid V2, davantage orienté sur le rendu visuel et l’interaction.
Du desktop musclé aux stations Xeon et Threadripper
Asetek rappelle travailler sur des architectures de refroidissement liquide pour stations de travail depuis 2021. La marque affirme avoir déjà obtenu la confiance de partenaires comme ASUS, Antec et Phanteks sur des solutions destinées aux Intel Xeon et AMD Ryzen Threadripper.

Au Computex 2026, une intégration workstation pour Intel Xeon sera montrée sur les stands ASUS et Phanteks. Du côté AMD, Phanteks et Antec exposeront des AIO premium compatibles Ryzen Threadripper. Asetek met ici en avant une couverture à 100 % de l’IHS et la capacité à encaisser des enveloppes de plus de 450 W de TDP, soit un terrain très éloigné des usages grand public classiques.
Le groupe a également insisté sur son orientation industrielle après son intégration stratégique avec Chunqiu Electronic, ou CQ. L’idée est claire : marier l’ingénierie historique d’Asetek au Danemark avec l’échelle de production et l’infrastructure supply chain de CQ en Asie pour soutenir la prochaine vague de plateformes à forte densité de calcul.



Ce repositionnement est intéressant parce qu’il élargit encore le rôle des AIO : on ne parle plus seulement d’un produit de confort pour CPU haut de gamme, mais d’une brique d’infrastructure qui doit rester crédible du PC enthusiast jusqu’à la station de travail lourde. Si les gains annoncés sur Emma V3 se vérifient en test, Asetek sécurise surtout sa place de fournisseur de référence au moment où les charges IA commencent à imposer leurs propres contraintes thermiques au marché desktop.
Source : TechPowerUp