
Vingt-cinq ans après les premiers ports, la Dreamcast reçoit encore des correctifs dans le noyau Linux. Cette fois, la mise à jour supprime notamment un plantage lié au pilote de la souris, hérité d’un changement introduit en 2017.
Dreamcast Linux reste maintenu dans Linux 7.2-rc3
Linux 7.2-rc3 intègre plusieurs ajustements pour la SEGA Dreamcast, lancée au Japon en novembre 1998. Les modifications concernent les pilotes Maple du clavier, de la souris et de la manette.
Le correctif le plus important vise un crash du noyau provoqué par le pilote de la souris. Le problème venait d’un accès à des données qui n’avaient pas encore été assignées.
Les pilotes d’entrée liés affectent désormais leurs données avant l’enregistrement du périphérique auprès du noyau. Cela évite qu’un autre processus ouvre le périphérique avant que le pilote soit prêt. Le bug de la souris était présent depuis une modification du noyau datée de 2017.
Une console de 1998 toujours compatible avec le noyau actuel
Si la Dreamcast peut encore démarrer un noyau récent, c’est grâce à son processeur Hitachi SH-4, rattaché à l’architecture SuperH toujours prise en charge par Linux. Le noyau embarque aussi des pilotes pour le bus de périphériques Maple, le lecteur GD-ROM et d’autres blocs matériels de la machine.
Ces éléments ne sont toutefois compilés que si le noyau est construit spécifiquement pour la Dreamcast. On reste donc sur une prise en charge ciblée, utile surtout pour les développeurs et les passionnés qui maintiennent encore cette plate-forme.
Des distributions complètes dès 2001
Le développement de Linux sur Dreamcast a commencé vers 2000, alors que la console était encore commercialisée. Des distributions complètes sont apparues en 2001 autour de Linux 2.4 et de logiciels dérivés de Debian.
Le démarrage passait généralement par un CD-R gravé, avec clavier, souris et adaptateur VGA pour transformer la console en petit ordinateur. Avec seulement 16 Mo de mémoire principale, la plupart des constructions misaient sur des logiciels légers et une exécution directe en mémoire.
Les usages relevaient surtout du développement, des expérimentations matérielles et des projets réseau. Certains ont même converti la Dreamcast en serveur basique ou en routeur via le Broadband Adapter.
La machine a aussi connu une prise en charge optionnelle de Windows CE, sans jamais exécuter Windows comme système principal. Les studios pouvaient embarquer un runtime Windows CE avec certains jeux pour faciliter les portages PC. Sega Rally 2 affichait par exemple un écran « Powered by Microsoft Windows CE », même si la majorité du catalogue reposait sur les outils natifs de Sega.
Le fait que Linux 7.2-rc3 corrige encore ce code montre surtout la solidité du modèle de maintenance du noyau sur les architectures marginales. Pour la Dreamcast, l’intérêt pratique reste limité, mais conserver des pilotes fonctionnels pour une machine aussi contrainte aide aussi à préserver des environnements de test atypiques et du savoir-faire bas niveau devenu rare.
Source : VideoCardz