
xAI a obtenu du Mississippi Department of Environmental Quality (MDEQ) l’autorisation d’exploiter 41 turbines à gaz méthane sur le site « Colossus 2 » à Southaven, soit quasiment un doublement de la capacité actuelle. Ces groupes électrogènes doivent alimenter l’« AI supercomputer » de l’entreprise, un cluster de puces avancées destiné notamment à Grok, au cœur des services IA de la société d’Elon Musk.
La décision tombe dans un climat d’opposition locale soutenue. Habitants et ONG environnementales dénoncent un accroissement de la pollution atmosphérique dans une zone déjà classée F par l’American Lung Association pour la qualité de l’air (DeSoto County et Shelby County). Les émissions pointées incluent particules fines, formaldéhyde et oxydes d’azote, associées à des risques accrus d’asthme, de pathologies respiratoires et cardiovasculaires, ainsi que de certains cancers.
Le MDEQ a validé l’extension après une audience publique à Southaven où, selon NBC, aucun intervenant n’a soutenu l’octroi du permis. Le NAACP, qui a déjà attaqué xAI en justice sur la question des nuisances du site, accuse le régulateur d’avoir ignoré les riverains les plus exposés. Des plaintes récurrentes visent le bruit et la qualité de l’air depuis l’installation initiale de turbines sans permis l’an dernier.
Le Southern Environmental Law Center estime que les 41 turbines pourraient faire de Colossus 2 l’une des plus grandes centrales fossiles de l’État et l’une des principales sources locales d’émissions. Son avocat Patrick Anderson reproche aux autorités de privilégier un « feu vert » accéléré à un examen d’impact complet et à un dialogue réel avec les familles concernées.
xAI avait déjà affronté des protestations lors de la mise en service de son premier data center « Colossus » à Memphis en 2024, autorisé en juillet à utiliser 15 groupes à gaz. L’entreprise érige en parallèle un troisième site à Southaven, référencé « Macrohardrr ». À l’heure de publication, ni le MDEQ ni xAI n’avaient répondu aux demandes de commentaires.
Contexte énergétique et implications pour l’infrastructure IA
La montée en puissance des clusters IA pousse les opérateurs à sécuriser une alimentation hors réseau classique via des turbines dédiées, contournant la lenteur des raccordements et la rareté de capacité sur les marchés électriques régionaux. Le choix du gaz, rapide à déployer et pilotable, s’impose faute d’alternative immédiate de même densité et disponibilité, mais expose à un risque réglementaire et réputationnel croissant dans les zones déjà en tension sanitaire.
À court terme, l’autorisation consolide la trajectoire de xAI pour des entraînements et inférences à grande échelle sans dépendre des pics de charge réseau. À moyen terme, la soutenabilité de ce modèle reposera sur l’arbitrage entre densité de calcul, contraintes locales d’émission et pression des autorités sur les « private power plants » des hyperscalers IA. Les prochains permis délivrés à Southaven seront un indicateur avancé de ce nouvel équilibre.
Source : ITHome