
TOTO, plus connu pour ses WC high-tech, voit sa valorisation dopée par une activité bien moins visible : les matériaux pour semi-conducteurs. L’action a bondi jusqu’à 11 %, sa plus forte hausse en cinq ans, sur fond d’anticipations liées à l’extension des centres de données destinés à l’IA.
Le groupe fabrique depuis 1988 des céramiques techniques utilisées dans la production de puces et d’écrans, un segment devenu incontournable dans la chaîne d’approvisionnement. Ces céramiques, proches des sanitaires par la nature du matériau mais optimisées pour l’industrie, affichent une résistance comparable au métal tout en étant plus légères et capables de tenir des températures plus élevées, un point critique en salle blanche.

La traction vient des « electrostatic chucks »
Le catalyseur du mouvement boursier se situe du côté des plateaux de maintien électrostatique utilisés dans les équipements de fabrication, notamment pour la NAND. Ces « chucks » assurent la fixation et la stabilité des wafers au cours des étapes thermiques et de dépôt, un maillon dont la demande grimpe avec les investissements IA. Des analystes de Goldman Sachs estiment que le resserrement offre-demande en mémoire ouvre la voie à une amélioration sensible des marges pour ces composants.
Selon des données compilées par Bloomberg, les « nouveaux domaines » de TOTO représentent déjà 42 % des revenus opérationnels attendus d’ici mars 2025. Interrogé, un représentant du groupe indique anticiper une poursuite de la montée en charge, portée par les chantiers de data centers IA qui tirent directement la demande en plateaux électrostatiques.
Ce repositionnement illustre la porosité croissante entre savoir-faire céramique traditionnel et équipements de salle blanche. Si la mémoire reste cyclique, la vague d’investissements IA rend plus visibles des fournisseurs de second rang, capables d’améliorer les rendements en front-end par des composants à forte valeur ajoutée et à barrière d’entrée matérielle élevée.
Source : ITHome



