
Radius 360 RGB
Note Globale - 8.4
8.4
Fractal Design revient dans le watercooling avec le Radius, cinq ans après les Lumen. Plaque froide en cuivre C1100, pompe PWM à roulement céramique à 3400 tr/min, ventilateurs Dynamic 3 chaînés et câblage intégré aux gaines des tubes : la marque suédoise mise sur l'intégration et la sobriété plutôt que sur l'écran géant. Nous l'avons testé sur Ryzen 9 9950X3D, avec le même protocole que le Corsair iCUE LINK TITAN II facturé deux fois plus cher.
Fractal Design n’est pas un nouveau venu dans le monde du watercooling, mais il faut reconnaître que le constructeur suédois s’était fait plutôt discret ces dernières années sur ce segment. Après les Celsius+ lancés en 2020, puis la gamme Lumen apparue en 2021, cette dernière ayant ensuite évolué en V2, Fractal n’avait plus introduit de nouvelle famille majeure d’AIO.
Cinq ans après le lancement des Lumen, la marque revient donc avec une nouvelle génération baptisée Radius. Et Fractal n’a pas choisi une date anodine pour effectuer ce retour. Ce 2 septembre 2026 marque l’un des lancements les plus importants de son histoire récente, avec quatre nouveautés dévoilées simultanément : les boîtiers Define One et Summit, le fauteuil Refine 2 et, celui qui nous intéresse aujourd’hui, le nouvel AIO Radius.
Pour cette nouvelle série, Fractal ne cède pas à la course aux écrans toujours plus grands ou aux artifices qui se multiplient sur les AIO haut de gamme. Le Radius adopte une approche beaucoup plus proche de l’ADN de la marque : un design épuré, un câblage simplifié et une intégration particulièrement soignée, sans oublier bien entendu les performances.
Sous cette apparente simplicité, Fractal a tout de même revu sa copie. Le Radius s’appuie sur une plaque froide en cuivre C1100 associée à une pompe PWM à roulement céramique, capable de fonctionner jusqu’à 3400 tr/min. Les tubes en EPDM mesurent 400 mm et disposent de raccords articulés à 90° côté bloc afin de faciliter leur orientation. Une partie du câblage est directement intégrée aux gaines des tubes, tandis que les ventilateurs Dynamic 3 sont préinstallés et chaînés entre eux afin de limiter le nombre de câbles à gérer lors du montage.
Sur les variantes RGB, Fractal ajoute un éclairage ARGB Gen 2 ainsi que la prise en charge d’Adjust Pro, son interface web permettant notamment de contrôler l’éclairage, la vitesse des ventilateurs et celle de la pompe. Le capot du bloc peut également être orienté afin de conserver le logo dans le bon sens quelle que soit la position de montage.
La famille Radius comprend des modèles 240 et 360 mm en noir sans éclairage, complétés par les Radius 240 RGB Black, Radius 360 RGB Black et Radius 360 RGB White. Pour ce test, nous avons reçu le Fractal Radius 360 RGB Black, équipé d’un radiateur aluminium de 394 × 120 × 27 mm et couvert par une garantie de cinq ans.
Sur le papier, le Radius ne cherche donc pas à être l’AIO le plus spectaculaire du marché. Fractal semble plutôt avoir concentré ses efforts sur ce qui a longtemps fait sa réputation : la sobriété, la qualité d’intégration et la facilité d’utilisation.
Mais après plusieurs années sans véritable nouvelle génération d’AIO, une question reste évidemment en suspens : le Fractal Radius 360 RGB peut-il revenir directement jouer parmi les meilleurs 360 mm du marché ?
Unboxing du Fractal Radius 360 RGB
Fractal reste fidèle à son approche minimaliste avec un emballage en deux parties. Le Radius 360 RGB est d’abord protégé par une chemise extérieure en carton kraft marron particulièrement sobre : le logo Fractal prend place dans l’angle supérieur gauche, tandis que le nom du modèle apparaît en gris clair dans la partie inférieure droite, accompagné de la discrète signature « Experience Gaming ».

Une fois cette chemise retirée, on découvre la boîte principale, blanche, avec une tranche noire beaucoup plus graphique. Cette dernière met en scène le bloc pompe dans un halo bleu-violet, avec le logo Fractal et la référence Radius 360 RGB. L’ensemble reste très épuré et parfaitement cohérent avec l’identité visuelle de la marque.

Fractal fait également l’impasse sur le packaging « bavard » que l’on retrouve souvent sur ce segment : pas de longue liste de caractéristiques, de bandeaux marketing ou de compatibilités sockets mises en avant. Le résultat est élégant, mais cela signifie aussi qu’un acheteur en rayon dispose de très peu d’informations techniques avant d’ouvrir la boîte.
Contenu de la boîte
Dans la boîte, on retrouve :
- les ventilateurs Dynamic 3 préinstallés et déjà chaînés entre eux
- le bloc pompe, relié au radiateur par ses tubes gainés de 400 mm
- le système de fixation AMD AM4 et AM5, monté d’origine sur le bloc
- le backplate et le kit de fixation Intel LGA 115X, 1200, 17XX et 18XX
- le guide utilisateur, imprimé sur carton recyclé
- vis de fixation sur boîtier


Le bundle est minimal, et c’est assumé. Fractal évite le sachet de vis interminable en préinstallant tout ce qui peut l’être, y compris la pâte thermique et le bracket AMD.
Caractéristiques techniques du Fractal Radius 360 RGB

| Format | AIO 360 mm |
| Dimensions radiateur | 394 × 120 × 27 mm |
| Matériau radiateur | Aluminium (corps et ailettes) |
| Plaque froide | Cuivre C1100 |
| Pâte thermique | AD90 préappliquée |
| Bloc, dimensions | 83 × 71 × 59 mm avec raccords |
| Bloc, diamètre | 71 mm |
| Pompe | PWM, roulement céramique |
| Vitesse pompe | 3400 tr/min ± 10 % |
| Pression maximale pompe | 2,1 mH₂O |
| Alimentation pompe | 12 V, 177 mA ± 20 % hors ventilateurs |
| MTTF pompe | 40 000 h à 40 °C |
| Ventilateurs | 3 × Dynamic 3 12 RGB Black |
| Tubes | EPDM, 400 mm, gainés |
| Raccords côté bloc | Coudes articulés à 90° |
| Raccords côté radiateur | Cannelés |
| Compatibilité AMD | AM4 / AM5 |
| Compatibilité Intel | LGA 115X / 17XX et LGA 1200 / 18XX |
| Câble PWM | 300 mm |
| Câble alimentation SATA | 450 mm |
| Câble USB 2.0 interne | 600 mm |
| Garantie | 5 ans |
| Référence | FD-W-RA1-3602 |
Le bloc pompe
Le bloc adopte une forme cylindrique compacte, avec un capot circulaire lisse qui accueille le logo Fractal rétroéclairé sur cette version RGB. Le corps mesure 71 mm de diamètre pour 59 mm de hauteur, ce qui reste discret face aux blocs surdimensionnés qui accompagnent les AIO à écran.
Le capot est rotatif, ce qui permet de conserver le logo dans le bon sens quel que soit le sens de montage du bloc. Une attention appréciable, et bien plus utile qu’il n’y paraît sur une plateforme AM5 où l’orientation des tubes est souvent contrainte.

Des raccords articulés et un câblage dans les gaines
C’est ici que se joue le vrai argument du Radius. Les raccords côté bloc sont des coudes articulés à 90 degrés, qui pivotent pour orienter les tubes vers le haut, vers l’arrière ou latéralement sans contrainte mécanique sur le corps de pompe. Les tubes en EPDM mesurent 400 mm et sont gainés d’une tresse noire.

Surtout, Fractal fait passer une partie du câblage directement dans les gaines des tubes plutôt que de le laisser pendre à côté. À la sortie du bloc, on ne voit que deux faisceaux plats fins qui accompagnent les tubes, au lieu de l’habituel enchevêtrement de câbles PWM, ARGB et SATA. Visuellement, l’écart avec la concurrence est net.
Tout converge vers le bloc pompe
C’est le point qui distingue le plus nettement le Radius de la concurrence. Aucun connecteur ARGB n’est visible sur les ventilateurs : le chaînage achemine à la fois l’alimentation, le signal PWM et le contrôle de l’éclairage vers le bloc pompe, qui centralise l’ensemble.
Du bloc ne repartent alors que trois sorties : un connecteur USB 2.0 9 broches vers la carte mère, un unique câble PWM 4 broches, et une alimentation SATA. Rien d’autre. Là où un AIO RGB classique impose de raccorder trois câbles de ventilateurs, trois câbles ARGB, une alimentation de pompe et un tachymètre, le Radius se contente de trois branchements au total.

L’intérêt dépasse le confort de montage. Comme le câblage entre le bloc et le radiateur chemine dans les gaines des tubes, il n’y a strictement aucun fil apparent entre les deux, ni le long du radiateur, ni en travers du boîtier. Un AIO qui se monte en trois branchements et ne laisse rien traîner derrière lui, à ce niveau de prix, c’est une vraie réussite d’intégration.
Une conséquence à noter tout de même : ce câblage unifié interdit de piloter les ventilateurs séparément depuis la carte mère. Tout passe obligatoirement par le contrôleur du bloc et par Adjust Pro. C’est le prix de la simplification.
L’étiquette de la pompe confirme par ailleurs le modèle FLR360, la référence FD-W-RA1-3602 et une alimentation en 12 V DC. Point à noter pour les acheteurs : la contrainte du SATA et du header USB n’existe que sur les versions RGB, la déclinaison noire simple se contentant d’un câble PWM.
Plaque froide C1100 et pâte AD90
La plaque froide est en cuivre C1100, entourée d’un cadre plastique nervuré qui intègre directement les vis captives à ressort du système de fixation. La pâte thermique AD90 est préappliquée en carré centré, prête à l’emploi.

Le radiateur
Le radiateur en aluminium mesure 394 × 120 × 27 mm, exactement les cotes standard du segment, et surtout des cotes quasi identiques à celles du Corsair iCUE LINK TITAN II 360 que nous avons testé la semaine dernière. La densité d’ailettes paraît classique et Fractal ne communique aucune valeur de FPI.


Les ventilateurs Dynamic 3 RGB
Les trois ventilateurs livrés avec le Radius 360 RGB sont des Dynamic 3 12 RGB Black, une série que Fractal commercialise également à l’unité.
| Taille | 120 mm, 25 mm d’épaisseur |
| Pales | 7 pales, profil swept |
| Roulement | Rifle |
| Vitesse de rotation | 350 à 2200 tr/min |
| Débit d’air | 63,9 CFM, soit 108,5 m³/h |
| Pression statique | 2,82 mmH₂O |
| Niveau sonore | 31,9 dB(A) |
| Puissance d’entrée | 3,29 W, 0,27 A sous 12 V |
| Tension de démarrage | 7 V |
| Éclairage | ARGB Gen 2, 8 LED, 5 V, 0,12 A max |
| Connecteurs | Câblage propriétaire vers le bloc pompe (chaînage intégré) |
| MTTF | Plus de 90 000 heures |
Deux valeurs méritent d’être soulignées. La pression statique de 2,82 mmH₂O est particulièrement élevée pour un ventilateur de 120 mm, ce qui est exactement ce qu’il faut pour traverser des ailettes de radiateur. À titre de comparaison, les RX II du Corsair iCUE LINK TITAN II plafonnent à 3,57 mmH₂O, mais à 2100 tr/min et sur un produit facturé plus du double. Le Radius joue donc dans la même catégorie sur le papier.

La plage PWM, ensuite, s’étend de 350 à 2200 tr/min. Le plancher très bas laisse espérer un fonctionnement réellement discret au repos, tandis que le plafond dépasse celui des RX II.
Le roulement rifle constitue en revanche un compromis. Il est fiable et silencieux, avec un MTTF annoncé supérieur à 90 000 heures, mais il reste en retrait des roulements magnétiques que la concurrence haut de gamme met en avant. À ce tarif, le choix se défend.
Côté éclairage, chaque ventilateur embarque 8 LED ARGB Gen 2, soit 24 LED au total sur le radiateur, auxquelles s’ajoute l’anneau lumineux du bloc pompe. Les pales blanches translucides à profil incurvé assurent une diffusion homogène, et le moyeu moulé conserve une apparence uniforme quelle que soit la couleur affichée.
Enfin, le chaînage. Les Dynamic 3 embarquent des câbles daisy-chainables intégrés, ce qui explique que les trois ventilateurs du Radius arrivent déjà reliés entre eux en sortie de boîte. Un seul faisceau remonte vers le bloc pompe, là où un AIO classique en aligne six.
Installation
AMD monté par défaut, la tendance se confirme
Une semaine après le Corsair iCUE LINK TITAN II, le constat se répète : le Fractal Radius 360 RGB arrive lui aussi avec son bracket AM4 et AM5 monté d’usine sur le bloc. Deux AIO, deux constructeurs différents, la même décision. La bascule que nous relevions comme une curiosité chez Corsair ressemble désormais à une nouvelle norme du marché, ce qui en dit long sur la part qu’occupe aujourd’hui la plateforme AMD dans les configurations haut de gamme.

Sur notre plateforme AM5, l’installation est donc immédiate. Le backplate d’origine de la carte mère est conservé, les vis captives à ressort du bloc viennent directement se visser dans les entretoises, et la pâte AD90 étant déjà appliquée, aucune préparation n’est nécessaire.
Pour Intel, il faut en revanche passer par le kit fourni, avec le backplate dédié aux sockets LGA 115X, 1200, 17XX et 18XX, puis remplacer le bracket du bloc.
Un montage en trois branchements
Une fois le bloc fixé et le radiateur vissé, le raccordement se résume à trois connexions : le SATA sur l’alimentation, le PWM 4 broches sur le header CPU_FAN de la carte mère, et l’USB 2.0 9 broches sur un header interne.
Rien à raccorder du côté des ventilateurs, rien à faire cheminer le long du radiateur, aucun hub à caser derrière le plateau. C’est probablement le montage le plus rapide que nous ayons réalisé sur un AIO 360 RGB.

Les raccords articulés à 90 degrés font par ailleurs leur travail au moment d’orienter les tubes, en particulier dans un montage en partie haute où l’espace au-dessus du bloc reste compté.
Adjust Pro : tout passe par le navigateur

Avec le Radius, Fractal fait un choix assez rare : aucun logiciel à installer. Adjust Pro fonctionne directement depuis le navigateur via WebHID. Il suffit d’ouvrir la page dédiée, d’autoriser la connexion au Radius et l’interface est immédiatement disponible, sans compte ni service en arrière-plan.
Refroidissement
La section Ventilateurs affiche en temps réel la vitesse de la pompe et des ventilateurs, puis permet d’ajuster leur réponse au signal PWM envoyé par la carte mère à l’aide d’une courbe à cinq points.

L’approche reste volontairement simple : pas de profils avancés ni de régulation basée sur la température du liquide. Adjust Pro sert surtout à définir le comportement de la pompe et des ventilateurs sans alourdir le système.
Éclairage
Le bloc pompe et les trois ventilateurs ARGB sont détectés séparément et peuvent être configurés individuellement ou ensemble. Fractal propose plusieurs effets prédéfinis, un mode personnalisé, ainsi qu’un réglage de l’animation au démarrage.

Surtout, le Radius prend en charge Windows Dynamic Lighting, ce qui permet ensuite de gérer directement son éclairage depuis Windows 11 et de le synchroniser avec d’autres périphériques compatibles.


Le bilan
Adjust Pro va à l’essentiel : pas de monitoring poussé ni de fonctions complexes, mais aucune installation, aucun service résident et une interface immédiatement accessible. Pour qui souhaite éviter les lourdes suites logicielles constructeur simplement pour régler une courbe ou quelques LED, l’approche est particulièrement pertinente.



Configuration et protocole de test
Le Fractal Radius 360 RGB est testé sur notre plateforme AMD AM5 équipée d’un Ryzen 9 9950X3D, la même que celle utilisée pour le Corsair iCUE LINK TITAN II 360 RX LCD. La consommation du processeur est verrouillée par paliers afin d’observer la progression thermique de l’AIO à mesure que la charge augmente.

La charge processeur a été verrouillée par paliers via le BIOS ROG de la carte mère, avec un premier point de mesure à 50 W, puis une montée progressive à 100 W, 150 W, 200 W et 250 W. Les relevés ont été effectués avec une température ambiante d’environ 22 °C, boîtier ouvert, afin de limiter l’influence du flux d’air interne propre à chaque châssis et de mieux isoler le comportement du système de refroidissement.
Pour cette première série, les trois Dynamic 3 et la pompe sont réglés à leur vitesse maximale.
| Configuration | Composant |
|---|---|
| Processeur | AMD Ryzen 9 9950X3D |
| Carte mère | ASUS ROG Crosshair X870E Extreme |
| Température ambiante | ~22 °C |
| Boîtier | Ouvert |
| Ventilateurs | Vitesse maximale |
| Pompe | Vitesse maximale |
| Paliers CPU | 50 / 100 / 150 / 200 / 250 W |
Ces résultats correspondent à notre protocole comparatif et ne doivent donc pas être interprétés comme des températures universelles : boîtier, température ambiante, tension CPU et réglages BIOS peuvent sensiblement modifier les valeurs obtenues.
Le protocole étant strictement identique à celui appliqué au TITAN II 360 RX LCD une semaine plus tôt, la comparaison entre les deux AIO est directe. Elle est d’autant plus intéressante que les deux radiateurs partagent des cotes quasi identiques, 394 × 120 × 27 mm dans les deux cas, pour des tarifs qui vont du simple au double.
Résultats du test du Fractal Radius 360 RGB
| Charge CPU | Température relevée | Delta sur l’ambiante |
|---|---|---|
| 50 W | 34 °C | +12 °C |
| 100 W | 57 °C | +35 °C |
| 150 W | 73 °C | +51 °C |
| 200 W | 86 °C | +64 °C |
| 241 W | 95 °C, throttling thermique | +73 °C |
Jusqu’à 150 W, le Radius fait le travail sans discuter. Le palier à 50 W ne provoque qu’un écart de 12 °C sur l’ambiante, et à 100 W comme à 150 W la progression reste linéaire, autour de 0,34 °C par watt dissipé. C’est un comportement sain, typique d’un 360 correctement dimensionné.

Le palier à 200 W marque le début de la tension. À 86 °C, le Ryzen 9 9950X3D reste dans sa plage de fonctionnement, mais la marge devient mince avant le Tjmax de 95 °C. En poussant vers notre palier de 250 W, le processeur n’a jamais dépassé 241 W avant de déclencher son throttling thermique à 95 °C.
Côté acoustique, le Radius 360 RGB reste proche de notre référence de 45 dBA à pleine vitesse, malgré ses trois ventilateurs poussés à environ 2250 tr/min et sa pompe à plus de 3300 tr/min. L’écart étant trop faible pour modifier réellement la lecture des performances thermiques, nous n’avons pas réalisé de seconde campagne à nuisances sonores normalisées.
Pourquoi ce plafond n’est pas un échec du Radius
Il serait trompeur d’y voir une insuffisance du Radius. Même les AIO les plus performants finissent par approcher les 95 °C avec un Ryzen 9 9950X3D débridé. La limite vient en grande partie du processeur lui-même.
Sa densité thermique est très élevée : la puissance est concentrée sur deux petits chiplets CCD, ce qui fait grimper rapidement la température. À cela s’ajoutent le 3D V-Cache et l’épaisseur de l’IHS AM5, qui compliquent encore le transfert de chaleur vers le refroidisseur.
Enfin, Precision Boost exploite volontairement toute la marge thermique disponible jusqu’au Tjmax de 95 °C. Atteindre cette limite sous forte charge ne signifie donc pas que l’AIO est dépassé.
Notre palier à 241 W montre surtout le point où le processeur atteint sa butée thermique. Pour comparer les AIO, les températures relevées aux puissances intermédiaires restent les plus parlantes.
Vitesse des ventilateurs et nuisances sonores
Les relevés ont été effectués au sonomètre à 50 cm du radiateur, en faisant varier la consigne PWM des Dynamic 3.
| Consigne PWM | Vitesse relevée | Niveau sonore |
|---|---|---|
| 25 % | 375 tr/min | 37,1 dB(A) |
| 50 % | 1000 tr/min | 37,6 dB(A) |
| 75 % | 1575 tr/min | 39,4 dB(A) |
| 100 % | 2257 tr/min | 45,7 dB(A) |
Les vitesses relevées collent aux annonces de Fractal. Les 2257 tr/min mesurés en pointe dépassent légèrement les 2200 tr/min communiqués, ce qui reste dans la tolérance habituelle. La pompe, de son côté, tourne à 3350 tr/min, également conforme aux 3400 tr/min ± 10 % annoncés.

Le vrai sujet, c’est la pompe
Ces chiffres cachent cependant un comportement qui mérite d’être expliqué. Entre 25 % et 50 % de consigne, le niveau sonore ne bouge quasiment pas : 37,1 puis 37,6 dB(A), alors que les ventilateurs passent pourtant de 375 à 1000 tr/min. À 75 %, on gagne à peine deux décibels supplémentaires.
L’explication tient à notre protocole : comme sur l’ensemble de nos tests, la pompe fonctionne à sa vitesse maximale. Or à 3350 tr/min, elle établit à elle seule un plancher sonore autour de 37 dB(A), sous lequel il devient impossible de descendre quelle que soit la consigne appliquée aux ventilateurs. Ces derniers ne redeviennent audibles qu’à partir de 75 %, et surtout à 100 % où les 45,7 dB(A) relevés deviennent franchement présents.

Nous avons vérifié cette hypothèse en abaissant la pompe à 80 % avec des ventilateurs à 50 %. Le niveau sonore chute alors à 34,5 dB(A), soit trois décibels de moins, ce qui confirme bien l’origine du plancher.
Nous déconseillons toutefois de suivre cette voie au quotidien. Réduire la vitesse de la pompe ou la piloter en courbe variable dégrade le débit de liquide au moment précis où la charge thermique augmente, et introduit des variations de régime qui n’apportent rien sur un circuit fermé. La bonne pratique reste de laisser la pompe à vitesse fixe et maximale, et de jouer uniquement sur la courbe des ventilateurs.
En pratique, cela signifie que le Radius est un AIO au fonctionnement globalement discret dans son usage courant, tant qu’on maintient les ventilateurs sous 75 %, mais qu’il ne descendra jamais dans le domaine du vraiment silencieux à cause de sa pompe. Les Dynamic 3, eux, ne sont pas en cause : leur plancher de 375 tr/min est excellent et aurait permis un fonctionnement quasi inaudible avec une pompe plus discrète.
Conclusion

