
Une interface très proche du mode Gaming de Valve apparaît sur la Nintendo Switch, mais la démonstration met surtout en évidence ses limites. Menus lents, audio absent et aucune partie lancée : on reste loin d’un usage viable.
SteamOS Switch : ce que montre réellement la démo

La vidéo, d’abord repérée sur X puis republiée sur YouTube, relance un projet déjà aperçu il y a რამდენიმე mois avec un simple menu affiché à l’écran. Cette fois, on voit une simulation plus complète de l’interface façon SteamOS sur la console de Nintendo.
Le point important est ailleurs : aucun jeu n’est lancé dans la séquence. La démonstration ne valide donc ni le fonctionnement du jeu sous SteamOS, ni une compatibilité réelle avec l’expérience proposée sur Steam Deck.
MaSieS4Fun précise qu’il ne s’agit ni de Steam en mode Big Picture, ni d’un SteamOS natif porté sur Switch. Le projet repose sur une session Gamescope adaptée sous ARM Linux afin de reproduire une partie de l’interface du Gaming Mode de Valve.
Les limites techniques restent bien présentes
Un SteamOS natif ne se résume pas à son habillage. Il faut aussi toute la pile logicielle autour de la session Steam, de Gamescope, des pilotes Mesa, de la gestion des entrées, de l’audio, de Proton, des mises à jour système et des profils matériels. Ici, seule une partie de la façade est reproduite.
La vidéo montre une navigation lente dans les menus, et l’auteur indique lui-même que le résultat est « very, very slow ». Il ajoute que, dans cet état, l’expérience serait inutilisable pour un utilisateur final. L’audio ne fonctionne pas non plus.
Pour mesurer l’écart entre une simple démonstration et une vraie base logicielle exploitable, on peut regarder le travail de Valve sur Proton ARM64 et Steam Linux sur Switch, qui éclaire ce que la machine commence seulement à effleurer.
Le verrou principal cité concerne Gamescope, qui demande Vulkan 1.3 au minimum, alors que l’installation Linux actuelle sur Switch fonctionne avec Vulkan 1.2. Adapter Gamescope à Vulkan 1.2 pose problème, car certaines fonctions utilisées par cette session de type SteamOS ne sont tout simplement pas disponibles.
Au-delà de l’interface, les difficultés connues restent entières : pilotes graphiques de la Switch, prise en charge de Vulkan, audio, Proton, Wine et compatibilité logicielle. Pour l’instant, MaSieS4Fun considère que Lutris avec des variables d’environnement définies jeu par jeu reste une meilleure option pour lancer des jeux PC sous Switch Linux. Steam peut être utilisé dans une session desktop, mais avec davantage de configuration, sur une base ARM qui n’a rien à voir avec l’intégration vue sur PC ou Steam Deck.
Si la Switch d’origine apparaît dans ce type de projet, c’est parce que la console peut être jailbreakée pour exécuter Linux. La Switch 2 n’en est pas là. Ce test rappelle surtout qu’imiter l’interface de SteamOS est la partie la plus simple ; le vrai sujet, sur ce type de matériel, reste la maturité de la pile graphique et logicielle.
Source : VideoCardz