
D’ici 2035, plusieurs lancements et rentrées atmosphériques pourraient se succéder chaque jour aux États-Unis. SpaceX entend assurer seule 10 000 opérations annuelles, une cadence incompatible avec l’organisation actuelle de l’espace aérien.
Cette projection figure dans la réponse déposée le 26 par l’entreprise auprès de la Federal Aviation Administration (FAA). L’agence consulte actuellement les acteurs du secteur sur l’implantation de nouveaux ports spatiaux et la création de zones aériennes prioritaires pour les lancements.
SpaceX réclame des corridors réservés

SpaceX estime que les corridors existants et les notifications de zones dangereuses ne permettront pas d’absorber une telle activité. L’entreprise préconise donc des corridors permanents dédiés aux lancements et aux rentrées atmosphériques, afin de réduire les conflits avec l’aviation commerciale.
La consultation de la FAA porte aussi sur l’emplacement de futurs ports spatiaux, la sous-utilisation des infrastructures actuelles et les projets déjà proposés. Pour SpaceX, la géographie de nombreux sites reste inadaptée à une cadence élevée.
Le groupe estime que la Cape Canaveral Space Force Station pourrait accueillir 450 lancements par an si les autres opérateurs atteignaient son propre rythme. Il juge également obsolètes certains critères d’autorisation et critique l’application de procédures comparables aux lanceurs légers, moyens et lourds.
Sa recommandation est directe : déplacer les petits lanceurs vers d’autres sites afin de préserver les capacités de Cape Canaveral et du Kennedy Space Center, en Floride, pour les missions les plus exigeantes.
Une projection qui dépasse celle de la FAA
La FAA anticipe, à l’échelle des États-Unis, 10 000 lancements et rentrées sous licence par an en 2035. Le pays passerait ainsi de quelques tirs hebdomadaires à plusieurs opérations quotidiennes.

SpaceX affirme pourtant qu’elle pourrait représenter à elle seule l’intégralité de ce volume : « SpaceX prévoit de réaliser elle-même 10 000 lancements par an ». Aucun calendrier détaillé ni partage entre ses différents véhicules n’accompagne cette déclaration.
Starship devrait nécessairement occuper une place centrale dans ce scénario, aux côtés du déploiement et du renouvellement de Starlink. Les projets de satellites dédiés au calcul d’intelligence artificielle pourraient également créer une demande supplémentaire de capacité orbitale.
Un marché spatial évalué à 28 500 milliards de dollars
Cette ambition accompagne une estimation de marché total adressable de 28 500 milliards de dollars, soit environ 26 000 milliards d’euros à titre indicatif. Elon Musk considère lui-même cette valorisation potentielle comme insuffisante.
Morgan Stanley avance de son côté que le calcul d’IA orbital pourrait atteindre un coût de 6,5 dollars par watt et par an, environ 6 euros, à l’horizon 2031. Il deviendrait alors moins cher que des centres de données terrestres reposant sur les GPU NVIDIA Blackwell, sous réserve que les contraintes de lancement, de dissipation thermique, d’alimentation et de maintenance soient effectivement maîtrisées.
Le chiffre de 10 000 vols relève encore d’une projection industrielle, mais il expose déjà le principal verrou : la réutilisation des lanceurs ne suffit pas si les ports spatiaux, les procédures réglementaires et la gestion du trafic aérien restent dimensionnés pour quelques opérations par semaine. SpaceX cherche donc autant à transformer l’infrastructure américaine qu’à augmenter les performances de Starship.
Source : Wccftech