
Le PC portable à 300 dollars, soit environ 275 euros, redevient soudain un terrain de bataille crédible. Qualcomm s’y attaque avec une puce Arm d’entrée de gamme qui, sur le papier, veut faire mieux qu’Intel jusque dans les usages sur batterie.
Snapdragon C attaque le très bas de gamme

Qualcomm détaille enfin les spécifications de sa plateforme Snapdragon C, pensée pour des machines attendues à partir de 300 dollars. Le positionnement vise clairement les étudiants, les familles et la bureautique légère, dans un contexte où les prix de la DRAM et de la NAND Flash compliquent la production de portables vraiment abordables.
La puce embarque jusqu’à huit cœurs Arm basés sur l’architecture Kryo, avec des fréquences pouvant monter à 3,0 GHz en charge monocœur et 2,0 GHz en multicœur. Qualcomm annonce aussi 2 Mo de cache, un GPU intégré Adreno A643 cadencé jusqu’à 900 MHz et, plus étonnant sur ce segment, un NPU Hexagon pour les charges IA les plus légères.
Mémoire, stockage et connectique sans coupe trop brutale
La plateforme prend en charge jusqu’à 16 Go de mémoire LPDDR4x, LPDDR5 ou LPDDR5x. Côté stockage, Qualcomm mentionne le PCIe 3.0 NVMe ainsi que l’UFS 2.2 et 3.1, avec un ensemble de connectivités présenté comme large pour cette catégorie.

Le détail n’est pas anodin, car l’usage de LPDDR4x, potentiellement moins coûteuse, pourrait être l’un des leviers permettant d’atteindre réellement ce seuil des 300 dollars. Comme souvent sur ce créneau, tout dépendra du couple mémoire-stockage retenu par les fabricants.
Des gains annoncés face à l’Intel N250
Pour situer son offre, Qualcomm la compare directement à la plateforme Intel N250 « Twin Lake ». Le constructeur revendique des écarts de performances de 24 % à 67 % selon les charges, avec un avantage particulièrement marqué dans Cinebench : +50 % en monocœur et jusqu’à +67 % en multicœur.
Geekbench et Speedometer, plus proches d’un usage quotidien sur un portable d’entrée de gamme, seraient également en faveur du Snapdragon C d’après les chiffres fournis. Reste que ces résultats proviennent de Qualcomm, et qu’ils devront être validés sur des machines commercialisées.

La marque insiste aussi sur l’efficacité énergétique. Elle annonce une efficacité supérieure de 106 % en lecture Netflix, 68 % en navigation web et 74 % en appel vidéo via Teams, avec en ligne de mire l’argument classique de l’autonomie sur la journée entière.
Acer, ASUS, HP et Lenovo en première ligne
Le Snapdragon C doit apparaître prochainement dans des portables signés Acer, ASUS, HP et Lenovo. Pour Qualcomm, l’enjeu dépasse le seul entrée de gamme : installer Windows on Arm sur des machines bon marché peut aussi faciliter la transition vers des designs plus ambitieux comme les Snapdragon X2 Plus et X2 Elite.

Sur le papier, la formule a du sens : réactivité correcte, consommation contenue et plateforme moderne dans une tranche de prix redevenue très sensible. Le vrai test sera commercial, car un PC à 300 dollars n’aura pas la même valeur selon qu’il arrive avec 16 Go ou une configuration mémoire-stockage beaucoup plus serrée. C’est précisément là que se jouera la crédibilité de Qualcomm sur ce segment.
Source : TechPowerUp