
Un modèle de 320 milliards de paramètres exécuté localement sur un PC Windows à 20 tokens par seconde : AMD veut faire de la capacité mémoire son principal avantage dans la course aux agents IA. Son futur fer de lance, le Ryzen AI Max+ PRO 495 « Gorgon Halo », peut embarquer jusqu’à 192 Go de LPDDR5X.
Le constructeur affirme avoir déjà livré plus de 500 000 « Agentic PCs » au travers de plus de 50 designs, ainsi que des dizaines de millions de PC IA répartis sur plus de 250 designs. Cette appellation maison désigne les machines dont le CPU, le GPU et le NPU peuvent exécuter localement des agents IA, avec une expérience jugée optimale à partir de 64 Go sur les systèmes Ryzen AI Max+.
Ryzen AI Max+ : 192 Go pour repousser la limite des modèles locaux

Présentée comme la génération d’« Agentic PC » de 2026, la série Ryzen AI Max 400 était au centre du briefing. AMD s’est surtout attardé sur le Ryzen AI Max+ PRO 495 et ses 192 Go de mémoire LPDDR5X dite unifiée, dont la part réservée au GPU peut être réglée manuellement.
Pour ses essais de LLM, AMD a attribué 160 Go au GPU, contre 128 Go lors de la comparaison sous ComfyUI. Cette première configuration permet de charger GLM 5.3 Flash de Z.ai, un modèle de 320 milliards de paramètres occupant environ 160 Go avec une quantification 4-bit UD_IQ4_XS.
Jusqu’à 20 tokens par seconde avec GLM 5.3 Flash

AMD annonce jusqu’à 20 tokens par seconde avec GLM 5.3 Flash et jusqu’à 42 tokens par seconde avec Qwen 3.8 Flash Next. Ce dernier, répertorié avec 125 milliards plus 51 milliards de paramètres, est moins imposant et bénéficiait du MTP, deux éléments susceptibles d’expliquer son débit supérieur.
Ces résultats proviennent apparemment d’une courte requête de physique. Ils ne préjugent donc pas du comportement lors de tâches agentiques longues, plus exigeantes en contexte et en accès mémoire. AMD présente néanmoins sa plateforme comme le seul PC Windows capable d’exécuter des agents de « classe Opus 4.8 », ainsi que plusieurs agents de « classe Opus 4.7 » simultanément avec Qwen.
Les diapositives mettent en avant la prise en charge de modèles de 300 milliards de paramètres. Une note datée du 10 mai évoque encore une limite de 200 milliards de paramètres pour le Ryzen AI Max+ doté de 128 Go, vraisemblablement un reliquat de l’ancienne configuration.
ComfyUI : AMD revendique 18 victoires face à Intel
Sous ComfyUI, le Ryzen AI Max+ PRO 495 devancerait le Core Ultra X9 388H dans les 18 charges d’IA générative retenues. Dix-sept écarts s’étendent de 1,1x à 3,1x, tandis que YuE constitue une anomalie spectaculaire avec un avantage annoncé de 32,2x.

La comparaison oppose toutefois une machine AMD équipée de 192 Go, dont 128 Go alloués au GPU, à un système Intel limité à 64 Go. Certains processeurs Panther Lake acceptent jusqu’à 128 Go de DDR5, mais le Core Ultra X9 388H emploie de la LPDDR5X et plafonne à 96 Go. Aucun portable Panther Lake actuellement commercialisé ne semble dépasser 64 Go.
Cette différence de capacité ne devrait pas influencer les modèles les plus légers, qui tiennent aisément sur les deux plateformes. Elle devient en revanche déterminante sur les traitements les plus lourds et pourrait expliquer l’écart de 32,2x observé avec YuE.
Le graphique comporte aussi plusieurs erreurs surprenantes : « Klien » doit se lire Klein près de Flux 2, « Yuve » désigne en réalité YuE, et « Pixal 3D » correspond à Pixel 3D. Elles fragilisent la présentation, sans invalider à elles seules les mesures.
Compatibilité x86, partenaires et premier cas d’usage
AMD insiste également sur la compatibilité native de Windows et Linux, sans couche d’émulation, contrairement aux PC Snapdragon sous Arm qui utilisent Prism pour les applications x86. Le constructeur cite notamment Solidworks, Autodesk 3ds Max et Mastercam, disponibles nativement uniquement sous Windows. FSR est pour sa part annoncé comme compatible avec plus de 700 jeux.
Microsoft a choisi Ryzen AI Halo comme première plateforme de son Project Zenith. Perplexity doit apporter Portable Computer aux machines Ryzen AI Max, tandis qu’un partenariat avec Cisco vise les déploiements en entreprise. La présentation mentionne des puces PRO et non-PRO, mais aucune feuille de route postérieure à la série 400.
Light Sail VR automatise sa production en local
AMD a enfin présenté le cas de Light Sail VR, studio de production immersive récompensé par un Emmy. Son agent IA local, utilisé comme coordinateur de production, fonctionnait initialement sur un Framework Desktop équipé d’un Ryzen AI Max et de 128 Go de mémoire, avant de migrer vers une machine dotée de cartes Radeon AI PRO R9700.
Les employés communiquent avec l’agent via Slack, qui met ensuite à jour plannings, documents et courriels. Matthew Celia, fondateur et PDG du studio, affirme être passé de la gestion simultanée d’un ou deux projets à six ou neuf. Le traitement local répondrait à deux contraintes : protéger les travaux couverts par des accords de confidentialité et éviter « des milliers et des milliers de dollars » de consommation de tokens.





La proposition d’AMD repose moins sur une accélération spécialisée isolée que sur la possibilité de réserver une quantité inhabituelle de mémoire au GPU intégré. Ce choix ouvre des modèles jusque-là associés aux stations multi-GPU, mais les débits annoncés, les comparaisons asymétriques et le cas Light Sail VR restent issus d’AMD ou de ses partenaires. Des essais indépendants devront mesurer les performances soutenues, la consommation et la réactivité réelle sur des chaînes agentiques complètes.
Source : TechPowerUp