
Un recours collectif de 2,7 Md$ contre Sony atterrit au tribunal britannique. En jeu, le modèle fermé du PlayStation Store et l’addition payée par 12 millions d’utilisateurs.
PlayStation Store et position dominante contestée
Le Competition Appeal Tribunal de Londres juge une action menée par Alex Neill contre Sony, accusée d’abuser d’une position dominante en imposant l’achat des jeux et contenus additionnels numériques via le PlayStation Store. Le recours, initialement évalué jusqu’à 6,7 Md$ (5 Mds £), est désormais chiffré à 2,7 Md$ (1,97 Md £).
La plainte affirme que ce modèle maintient des prix artificiellement élevés par rapport aux versions physiques. Sont potentiellement éligibles environ 12,2 millions d’utilisateurs britanniques ayant acheté un jeu PlayStation numérique ou un contenu in‑game au cours des dix dernières années, pour un montant estimé à 217 $ (162 £) par personne, sur une base d’exclusion.
Le dossier s’inscrit dans une série de procédures antitrust au Royaume‑Uni. Un recours collectif similaire contre Steam, couvrant 14 millions d’utilisateurs, a été autorisé le mois dernier. En octobre, Apple a été reconnue en abus de position dominante concernant les commissions de l’App Store, décision actuellement en appel.
La riposte de Sony et l’enjeu plateforme
Sony défend un écosystème intégré construit sur des années et des milliards investis, en concurrence avec Nintendo et Xbox qui opèrent des vitrines fermées comparables. Selon la défense, les marges sur les ventes numériques ne seraient pas excessives et la plainte ignorerait les coûts et la valeur de la plateforme.
La société estime que les demandeurs exigent de facto l’ouverture à des revendeurs tiers en « free‑ride » sur l’infrastructure PlayStation. À ce stade, le tribunal arbitrera entre l’argument d’un verrou tarifaire et celui d’un modèle propriétaire standardisé dans l’industrie console.
Si le tribunal valide la logique antitrust côté plaignants, l’impact pourrait déborder le périmètre Sony : pression sur les commissions, ajustements contractuels avec les éditeurs, et comparaison directe avec les trajectoires réglementaires de Valve et d’Apple. À l’inverse, une victoire de Sony conforterait les storefronts fermés des consoles comme norme concurrentielle.
Source : TechPowerUp