
Sony pourrait prendre une génération d’avance sur le marché des consoles nomades grâce au prochain GPU intégré d’AMD. Cette situation tiendrait moins à un accord commercial classique qu’aux volumes exigés pour financer une puce sur mesure.
La PlayStation portable seule avec RDNA 5 ?
Dans l’épisode 287 du podcast Digital Foundry Direct, réservé aux abonnés Patreon, Richard Leadbetter évoque des discussions en coulisses autour d’une forme d’exclusivité accordée à Sony pour RDNA 5 sur le segment portable. Il choisit toutefois ses mots avec prudence et parle d’une « exclusivité d’une certaine manière ».
La future machine, souvent présentée comme une déclinaison portable de la PlayStation 6, reposerait sur un APU AMD connu sous le nom de code Canis. Les rumeurs lui attribuent des cœurs CPU Zen 6, potentiellement accompagnés de nouveaux cœurs Zen 6 LP, ainsi qu’un iGPU exploitant RDNA 5.
L’avantage de Sony ne découlerait donc pas nécessairement d’un contrat empêchant AMD de fournir cette architecture à d’autres fabricants. Le constructeur japonais pourrait simplement être le seul à accepter le volume minimal requis pour lancer la conception et la production d’un silicium custom ou semi-custom.
AMD aurait fixé la barre à 10 millions d’unités
Des informations contestées avancent qu’AMD aurait demandé à Microsoft un engagement minimal de 10 millions d’unités avant de développer un APU personnalisé pour une console Xbox portable. Cette contrainte aurait contribué à l’abandon du projet conçu directement en interne.
La future machine nomade Xbox devrait désormais prendre la forme d’un appareil tiers, dans la continuité des ROG Xbox Ally. Valve serait confronté au même calcul industriel : le Steam Deck 2 semble devoir adopter un composant disponible sur catalogue plutôt qu’une nouvelle puce entièrement personnalisée.
Steam Deck 2 et concurrents limités à RDNA 3.5
Si la feuille de route actuelle d’AMD se confirme, le Steam Deck 2 et les autres PC-consoles portables pourraient rester cantonnés à RDNA 3.5, à moins de basculer vers les iGPU Intel Arc. La combinaison exacte de CPU et de GPU prévue par Valve reste inconnue malgré l’apparition de résultats attribués à un APU doté de 50 % de cœurs CPU supplémentaires.
Les perspectives d’une arrivée de RDNA 4 dans les appareils mobiles paraissent également faibles, plus encore pour de véritables iGPU RDNA 4. Des développements ont bien été observés dans Mesa autour d’une architecture intégrée intermédiaire entre RDNA 3.5 et RDNA 4, sans garantir sa commercialisation dans une console portable.
Cette avance potentielle reste conditionnelle. Une baisse des prix du hardware et une reprise des ventes pourraient permettre à Valve, Microsoft ou un autre acteur d’accepter ultérieurement les volumes demandés par AMD. À court terme, Sony paraît néanmoins mieux placé pour amortir un APU spécifique grâce à son écosystème et à la perspective d’une production mondiale massive.
Source : Digital Foundry