
Le marché des claviers ergonomiques séparés déborde de projets intéressants, mais rares sont ceux qui évitent à la fois la soudure, les compromis matériels et les montages pénibles. Avec Pando, Julian Yap tente justement de faire sauter ces verrous avec une approche open source, intégrée et vendue à partir de 109 $, soit environ 100 €.
Pando mise sur une base intégrée plutôt que sur les recettes habituelles

Fraîchement lancé, ce clavier mécanique split ergonomique repose sur une architecture pensée pour éviter les bricolages les plus courants du segment. On y trouve une connectique USB-C avec protection ESD, un microcontrôleur intégré, des sockets hot-swap pour switches MX, ainsi qu’un support open source du firmware et de la configuration du layout.
Le projet peut être monté en DIY depuis le dépôt GitHub, dans la continuité du Pando58. Mais Julian Yap propose aussi des kits barebones présoudés sur Etsy, livrés sans switches ni keycaps, à 109 $, avec une version plus haut de gamme à 179 $ environ 165 € utilisant un boîtier imprimé en multi-jet fusion et une plaque inférieure en acier inoxydable.
Un STM32 intégré et un lien USB-C entre les deux moitiés
Le cœur du design repose sur un choix simple : abandonner les cartes de développement de type Pro Micro ou RP2040 enfichés pour une intégration directe autour d’un STM32. D’après le journal de développement du projet, cela réduit à la fois les coûts, la complexité et le nombre de composants à assembler.

L’autre différence importante concerne la liaison entre les deux moitiés du clavier. Pando utilise de l’USB Type-C plutôt qu’un câble TRRS, un format souvent critiqué pour les risques de dégâts lorsqu’il est débranché sous tension. Le design n’emploie qu’un seul contrôleur, complété par un expander d’E/S sur la seconde moitié.
Deux finitions, un format 58 touches pensé pour rester praticable
La version la plus abordable repose sur une impression 3D et des switch plates en FR4. Le modèle supérieur remplace ces éléments par des plaques en acier inoxydable et des poids en acier inoxydable, avec à la clé un ensemble plus rigide et plus dense en main.

Côté disposition, Pando conserve 58 touches et garde la rangée numérique, ce qui le rend moins abrupt qu’une partie des claviers ergo plus radicaux. Le layout prévoit aussi suffisamment de touches de pouce et une rangée inférieure partielle, avec l’idée de faciliter la transition pour les utilisateurs qui découvrent ce format.
Le clavier repose sur QMK avec prise en charge de Vial, l’utilitaire open source de configuration. L’ensemble permet de remapper les touches, créer des layers et définir des macros sans passer par l’édition manuelle des fichiers QMK.
Un coût final contenu avec des keycaps standards
Autre point bien vu, le layout reste compatible avec la plupart des sets de keycaps du marché. Il n’y a pas ici de touches exotiques : on reste sur des formats 1u et 1,5u, ce qui évite de faire exploser le budget avec des kits spécialisés.
Dans sa configuration d’entrée de gamme, un montage complet basé sur le Pando ne devrait donc pas dépasser 150 $. L’estimation avancée est simple : 109 $ pour la base Pando en ASA imprimée en 3D, 15 à 20 $ pour des switches de style MX, puis environ 20 $ pour les keycaps, avec des composants faciles à trouver sur des plateformes comme Amazon.



Sur un segment souvent dominé soit par des kits pour passionnés, soit par des produits finis nettement plus chers, Pando se place dans une zone rare : celle d’un clavier split vraiment ouvert, relativement accessible et techniquement cohérent. Si l’exécution suit dans la durée, il pourrait devenir une référence d’entrée pour les utilisateurs qui veulent passer à l’ergonomique sans entrer dans la logique du projet atelier.
Source : Julian Yap on GitHub