
Selon le Financial Times, OpenAI reconfigure son programme d’infrastructure « Stargate » en privilégiant nettement la location de capacité de calcul plutôt que l’extension de sites en propre. L’objectif reste inchangé côté puissance, mais la trajectoire passe désormais par une série d’accords bilatéraux de grande ampleur, avec Microsoft au centre du dispositif.
Un schéma Nscale → Microsoft → OpenAI, et un recentrage des chantiers
D’après les sources citées, OpenAI continuera d’exploiter les ressources prévues sur l’ancien site « Stargate · Norvège » porté par Nscale, mais via une chaîne d’approvisionnement indirecte : Nscale livrerait la capacité à Microsoft, qui la mettrait ensuite à disposition d’OpenAI. Le groupe de Redmond servirait ainsi de plaque tournante, absorbant la construction et l’opérationnel pour fluidifier le déploiement.
Conséquence collatérale, Microsoft prendrait aussi le relais sur d’autres maillons du plan initial. En plus du site norvégien, l’entreprise devrait reprendre l’extension de Crusoe à Abilene (Texas), initialement identifiée comme première phase d’agrandissement dans l’écosystème Stargate. Le message envoyé aux partenaires touchés est clair : continuité d’exécution, mais sous bannière Microsoft.
Des engagements de puissance inchangés, une gouvernance différente
OpenAI viserait toujours des paliers de puissance massifs, avec 8 GW déjà « verrouillés » et une cible à 30 GW d’ici 2030 mentionnée précédemment. La bascule vers la location à grande échelle et les montages bilatéraux offre plus d’élasticité financière et opérationnelle, tout en mutualisant le risque autour de Microsoft, qui aligne sa feuille de route datacenter et énergétique sur ces besoins.
Sur le terrain, ce choix devrait accélérer l’accès aux GPU et aux interconnexions à grande largeur de bande, sans immobiliser OpenAI dans des cycles longs de construction. En contrepartie, la dépendance contractuelle vis-à-vis de Microsoft s’intensifie, y compris pour l’approvisionnement en énergie et le calendrier des mises en service.
Pour l’écosystème hardware, cette réallocation conforte le modèle « hyperscaler d’abord » sur les déploiements IA de très grande taille. Elle pourrait aussi resserrer la concurrence en amont sur les lots de cartes graphiques haut de gamme et les réseaux optiques internes, Microsoft pouvant agréger la demande et prioriser ses propres feuilles de route au détriment d’acteurs plus fragmentés.
Source : ITHome