
OpenAI prépare l’intégration de la génération vidéo Sora dans ChatGPT, selon The Information. Objectif affiché : relancer l’usage en élargissant l’accès, quitte à alourdir la facture d’inférence d’un service déjà coûteux à opérer.
Sora reste la pièce maîtresse d’OpenAI sur le terrain multimodal face aux offres de Meta et Google. Le marché a massivement adopté les modèles textuels à la maison comme au bureau ; la vidéo générative est vue comme le prochain palier, mais sa diffusion grand public bute sur l’expérience, les coûts et l’utilité perçue.
Virage produit après un pic d’attention éphémère
L’app mobile Sora, lancée en 2025, proposait création et partage de vidéos IA dans un flux façon TikTok. Après un démarrage visible, la dynamique s’est contractée début 2026 : en janvier, les installations ont reculé de 45 % d’un mois sur l’autre selon Appfigures, avec une dépense utilisateur en baisse marquée. L’application est sortie du top 100 de l’App Store américain et suit la même pente sur le Play Store.
Un partenariat avec Disney, permettant de générer des vidéos avec des personnages de l’univers de la firme, n’a pas infléchi la courbe. D’où l’intérêt d’adosser Sora à la base d’utilisateurs de ChatGPT, bien plus large, pour réduire la friction d’accès et mutualiser l’engagement.
Enjeux d’infrastructure et d’usage
Brancher la vidéo dans un chatbot ajoute une charge GPU et mémoire significative côté serveurs. À l’échelle de ChatGPT, chaque requête vidéo implique des durées d’inférence et des coûts réseau supérieurs au texte et à l’image, avec un risque d’effet de ciseaux entre volumes et marge. En contrepartie, l’intégration pourrait fluidifier des cas d’usage transverses (prompting conversationnel, itérations rapides, partage immédiat) qui manquaient à l’app autonome.
Si la manœuvre réussit, OpenAI pourrait transformer un outil de création en fonctionnalité de plateforme, plus proche d’un usage utilitaire que d’un réseau social. La soutenabilité passera par un pilotage fin des limites d’usage, une priorisation des files d’attente et, probablement, une monétisation plus stricte des rendus vidéo lourds.
Source : ITHome