
Jensen Huang sort du silence sur l’un des dossiers les plus scrutés de l’IA. Le patron de Nvidia confirme la participation du groupe à la levée de fonds d’OpenAI, tout en balayant la rumeur d’un investissement à 100 milliards de dollars. Un montant « très loin de la réalité », selon lui, même s’il évoque l’un des engagements financiers les plus importants jamais envisagés par Nvidia.
Le Wall Street Journal rapportait plus tôt que Nvidia avait étudié un financement pouvant atteindre 100 milliards de dollars pour l’entraînement et l’exploitation des modèles d’OpenAI, un scénario aujourd’hui mis en pause face à des réticences internes. Ces discussions s’inscrivent dans le prolongement du protocole d’accord annoncé à Santa Clara, prévoyant pour OpenAI au moins 10 GW de capacité de calcul fournie par Nvidia, avec un engagement financier maximal conditionné au déploiement d’infrastructures et à la location massive de GPU.
Un partenariat à très grande échelle, mais des contours qui bougent
Au moment de l’annonce en Californie, Jensen Huang, Sam Altman et Greg Brockman avaient présenté l’initiative comme « le plus grand projet de calcul de l’histoire », catalysant une hausse de près de 4 % du titre Nvidia et portant sa capitalisation vers 4 500 milliards de dollars. Depuis, OpenAI a multiplié les accords avec d’autres fondeurs et fournisseurs cloud, ce qui redessine l’équilibre contractuel initial et dilue mécaniquement l’exclusivité Nvidia sans remettre en cause la traction de sa pile GPU + réseau + logiciel.
Le marché retiendra surtout que l’implication financière de Nvidia, même « inférieure de très loin » aux 100 milliards de dollars évoqués, resterait massive à l’échelle de son historique d’investissements. Cela confirme la logique d’intégration verticale de l’écosystème AI de Nvidia, où la vente de GPU s’accompagne désormais de prises de participation ciblées, de capacités de 10 Gigabit à des fabrics optiques SFP+ jusqu’aux data centers modulaires, afin de sécuriser la demande et les références phares pour ses prochaines générations d’accélérateurs.
Si l’enveloppe finale se situe nettement sous les 100 milliards, la dynamique reste suffisante pour entretenir la visibilité industrielle sur les chaînes d’approvisionnement (HBM, packaging avancé, interconnexions) et conforter la position de Nvidia face aux alternatives en montée en charge. L’issue des négociations avec OpenAI pèsera moins sur la dépendance au client unique que sur le tempo de déploiement des capacités, clé pour les livraisons d’Hopper puis de ses successeurs.
Source : ITHome