
Les accélérateurs les moins chers ne sont pas nécessairement les plus faciles à financer. Chez Anthropic, cette réalité place les GPU en tête d’un portefeuille de calcul pourtant largement diversifié.
NVIDIA reste le premier fournisseur d’Anthropic
Les documents Form S-1 récemment rendus publics détaillent la puissance électrique associée aux capacités de calcul réservées par Anthropic. Les GPU NVIDIA représentent 4,7 GW, devant 4,5 GW de TPU conçus par Google et Broadcom.
Le reste se répartit entre 1,2 GW de puces Trainium d’Amazon et 0,8 GW de GPU AMD. NVIDIA conserve donc la première place, bien que ses accélérateurs soient plus coûteux que les TPU de Google et les puces Trainium.
Un financement de 63 milliards de dollars pour les TPU
Cette hiérarchie s’explique aussi par les conditions de financement. Le projet « North Star » de Broadcom en faveur d’Anthropic a rencontré des difficultés dans un contexte de hausse des taux d’intérêt et de tensions autour des neoclouds, ces fournisseurs spécialisés dans le GPU-as-a-Service et l’inférence IA.
L’opération finalement conclue un lundi prévoit la création par Broadcom d’un véhicule ad hoc, ou SPV, chargé de lever 40 milliards de dollars auprès d’un syndicat bancaire. Un prêt distinct de Blackstone porte l’enveloppe totale à 63 milliards de dollars, soit environ 58 milliards d’euros à titre indicatif.
Le SPV doit acheter les TPU développés par Google et Broadcom, puis les louer à Anthropic. Les loyers versés par le laboratoire serviront au remboursement de la dette.
Broadcom a dû rassurer les banques
Les négociations se sont prolongées durant le week-end, jusqu’à l’intervention personnelle du PDG de Broadcom. Celui-ci aurait proposé aux banques un taux d’intérêt supérieur ainsi que des garanties destinées à compenser d’éventuelles pertes, permettant de débloquer l’accord à la dernière minute.
La valeur résiduelle favorise les GPU
L’épisode illustre un risque propre aux ASIC : leur coût d’acquisition peut être inférieur, mais leur marché secondaire et leur réaffectation restent plus incertains. Les prêteurs semblent accorder davantage de valeur résiduelle aux GPU NVIDIA, plus polyvalents et soutenus par un écosystème logiciel largement installé.
La répartition d’Anthropic répond ainsi autant à une logique technique qu’à une contrainte financière. En répartissant ses besoins entre NVIDIA, Google, Amazon et AMD, l’entreprise limite sa dépendance à une architecture unique, tandis que les GPU conservent un avantage décisif : ils constituent un actif plus facilement valorisable par les financeurs.
Source : Wccftech