
Le marché du portable encaisse mieux que prévu en 2026, mais l’amélioration cache une tension beaucoup plus brutale sur les coûts. Les volumes tiennent, tandis que la facture des composants, elle, grimpe assez vite pour remettre en cause l’équilibre économique des marques.
Notebook 2026 : une baisse moins forte que prévu
Les travaux de TrendForce montrent que l’approvisionnement en CPU s’est nettement amélioré depuis le 2Q26, ce qui permet aux fabricants de notebooks de remettre progressivement leurs achats et leur production sur des bases plus normales. En parallèle, la hausse persistante des prix de la DRAM et des SSD a poussé les marques à avancer leurs commandes pour sécuriser les volumes.
Cette stratégie a gonflé les expéditions au-delà des attentes sur le premier semestre. Avec l’assouplissement des tensions côté CPU au 2H26, les achats anticipés des marques, les remplacements plus précoces chez les consommateurs et une demande professionnelle jugée stable conduisent TrendForce à relever sa prévision : le recul des livraisons mondiales sur l’ensemble de 2026 serait ramené à 9,4 % en glissement annuel.
Le profil annuel change aussi nettement. Alors que le second semestre concentrait habituellement la haute saison, une partie de la demande initialement attendue au 2H26 a déjà été absorbée au premier semestre, au point d’aboutir à une répartition estimée à 53:47 entre 1H26 et 2H26. TrendForce anticipe donc malgré tout un repli des volumes à partir du troisième trimestre.
Des composants devenus ultra-dominants dans la facture finale
Pour mesurer l’effet de cette inflation, TrendForce prend comme référence un modèle grand public affiché à 900 dollars au 1Q25, soit environ 830 euros à titre indicatif, à une période où l’offre mémoire restait stable. À ce moment-là, les composants centraux, CPU, DRAM et SSD, représentaient environ 45 % du coût total de la nomenclature.
Après plus d’un an de hausses, cette part atteindrait 68 % au 3Q26. La structure de coût d’un notebook bascule donc rapidement, avec un poids des composants critiques qui absorbe désormais l’essentiel de la valeur matérielle.
La marge devient le vrai point de rupture
Sur le terrain des marges brutes, la pression est encore plus visible. TrendForce estime qu’au 3Q26, les marques devraient relever d’environ 80 % le prix d’un produit comparable à celui du 1Q25 pour conserver la même marge brute qu’à l’époque.
À court terme, les constructeurs devraient conserver une politique d’expédition agressive, portée par la bataille des parts de marché, les lancements de nouveaux produits, une demande entreprise stable et des stocks encore achetés à moindre coût. Ces approvisionnements anticipés, comme ces anciens stocks, servent encore d’amortisseur temporaire sur les prix publics et les marges.
Mais cet effet tampon va s’éroder à mesure que les inventaires moins chers seront consommés selon les régions. Les prochaines machines refléteront plus directement les prix actuels des CPU, de la DRAM et des SSD, avec une alternative de plus en plus simple pour les marques : répercuter la hausse sur le client final ou rogner davantage leurs marges. Dans un marché PC déjà sensible au renouvellement différé, cette bascule pourrait peser plus lourd que la seule question de l’offre.
Source : TrendForce