
Voir The Witcher 3 démarrer sur une machine LoongArch n’était déjà pas banal ; le voir tenir entre 22 et 38 FPS sur un processeur Irtysh l’est encore moins. La démonstration, filmée à l’ExpoElectronica 2026 de Moscou, dit surtout une chose : la traduction binaire sur cette architecture commence à devenir exploitable pour du jeu PC moderne.
Irtysh CPU : une démo jeu loin du x86
La séquence relayée par PRO Hi-Tech montre un système équipé d’un Irtysh C632, un processeur 32 cœurs / 64 threads, associé à une AMD Radeon RX 9060 XT. Le jeu utilisé est The Witcher 3, lancé sous Linux avec Steam, Proton et traduction binaire.

Irtysh n’est ni une déclinaison x86, ni une puce ARM. La famille repose sur LoongArch, avec des cœurs LA664, une technologie chinoise que l’on retrouve aussi dans les modèles C616 et C664, ce dernier montant à 64 cœurs / 128 threads. Ces références auraient été annoncées en décembre dernier.

C632, C616 et C664 : le positionnement des puces
Le résultat observé n’a rien d’une démo GPU. Dans la zone testée, The Witcher 3 tourne entre 22 et 32 FPS en réglages Ultra, puis entre 25 et 38 FPS en Low. La résolution n’est pas précisée dans la vidéo, mais tout indique un scénario probablement en 1080p.

Une pile logicielle encore lourde pour le jeu
L’écart réduit entre Low et Ultra est révélateur. Une RX 9060 XT délivrerait des performances nettement supérieures dans un PC de jeu x86 classique ; ici, la limite vient surtout du processeur et de la couche logicielle nécessaire pour exécuter un jeu x86 sur LoongArch.

La configuration repose vraisemblablement sur une chaîne du type Steam / Proton, Wine, Box64 et Linux LoongArch. Box64 a reçu un support de cette architecture en 2024, ce qui rend ce montage crédible même si la vidéo ne détaille pas chaque composant logiciel.
Il ne faut pas y voir une future base de PC gaming prêt à l’emploi. Le C632 est un processeur serveur ou entreprise avant tout, et l’intérêt de la démonstration est ailleurs : elle montre qu’un jeu Windows x86 relativement lourd peut déjà tourner de façon cohérente sur LoongArch, malgré la pénalité liée à la traduction.
Ce que montre réellement cette démonstration
Pour le marché grand public, l’intérêt reste limité à court terme. En revanche, pour les acteurs qui cherchent à bâtir une pile matérielle et logicielle hors x86 dans des contextes nationaux ou industriels spécifiques, obtenir ce niveau de compatibilité avec Steam et Proton est un signal concret : le verrou n’est plus seulement matériel, il devient surtout logiciel et dépendra des progrès sur la traduction et les pilotes.
Source : VideoCardz