
Lors du CES 2026, Intel a discrètement confirmé l’existence de Wildcat Lake, un second design mobile distinct de Panther Lake, pensé pour les systèmes d’entrée de gamme, l’edge et l’embarqué. Longtemps éclipsée par la communication autour de Panther Lake-H, cette plateforme apparaît désormais plus clairement dans plusieurs documents internes et slides techniques.
Deux philosophies, deux designs de package
Panther Lake et Wildcat Lake ne partagent pas la même approche. Sur Panther Lake, Intel déploie une architecture modulaire avec compute tile, GPU tile dédié et platform controller tile séparé.

Selon les configurations, cela permet de grimper jusqu’à 16 cœurs CPU (4P + 8E + 4LPE) et jusqu’à 12 cœurs Xe3 côté GPU, avec une connectique plus riche.

Wildcat Lake adopte au contraire un design compact. Le compute tile intègre directement le GPU, tandis que le platform controller tile est réduit à l’essentiel, avec seulement six lignes PCIe 4.0.

Cette intégration vise clairement la réduction des coûts, de la consommation et de l’encombrement, au détriment de la montée en gamme.
Une configuration CPU et GPU volontairement limitée
Les documents les plus récents convergent sur une configuration unique :
- CPU à 6 cœurs en 2P + 0E + 4LPE
- iGPU Xe3 limité à 2 cœurs Xe
- Enveloppe thermique comprise entre 12 et 25 W

Face à Panther Lake, l’écart est net. Là où PTL peut monter à 4P + 8E + 4LPE et proposer des GPU Xe3 bien plus fournis, Wildcat Lake assume un positionnement strictement utilitaire, pensé pour des charges légères et continues.
Mémoire : un cadre technique assumé
La plateforme repose sur une mémoire single-channel 64 bits, avec :
- LPDDR5X jusqu’à 32 Go à 7400 MT/s
- DDR5 jusqu’à 64 Go à 6400 MT/s
Certaines slides plus anciennes évoquaient de la LPDDR5X-7467, mais les tableaux comparatifs les plus récents confirment un recul à 6800 MT/s. Ce choix renforce la cohérence du produit : bande passante contenue, consommation maîtrisée, coûts réduits.
NPU, IA et positionnement réel
Wildcat Lake embarque une NPU annoncée à 18 TOPS, très loin des configurations Panther Lake pouvant atteindre 50 TOPS. Ce différentiel confirme que l’IA n’est pas ici un argument de performance, mais un accélérateur d’appoint pour des usages ciblés, typiques de l’edge et de l’embarqué.

Les moteurs XMX intégrés à l’iGPU permettent néanmoins certaines accélérations IA et multimédia, suffisantes pour des traitements légers, mais sans ambition workstation ou client premium.
Connectivité et E/S
Côté I/O, Wildcat Lake se limite à l’essentiel :
- 6 lignes PCIe 4.0
- 2 ports Thunderbolt 4
- USB 3.2 et USB 2.0
- Wi-Fi 7 et Bluetooth de dernière génération
- Support du stockage UFS, adapté aux designs compacts
Aucune trace de PCIe 5.0, là encore en cohérence avec le positionnement edge.
Nomenclature encore floue, mais cap confirmé
Les documents Intel entretiennent encore une certaine confusion entre les appellations Core Ultra 300 et Core Series 3, certains PDF mentionnant à tort des “Intel Core Ultra 3, 5 et 7”. Dans les faits, Wildcat Lake est bien destiné à la Core Series 3, et non aux Core Ultra 5 ou 7 basés sur Panther Lake.

Intel vise un lancement au T2 2026, exclusivement pour les systèmes edge et embarqués. Aucune confirmation n’indique, à ce stade, une présence en retail grand public.

Une plateforme modeste, mais cohérente
Wildcat Lake n’est ni une déclinaison “low-cost” de Panther Lake, ni un produit transitoire. C’est une plateforme distincte, pensée pour des usages précis, où la frugalité prime sur la performance brute.
CPU limité, GPU minimal, mémoire en canal unique et NPU modeste dessinent un produit cohérent pour l’edge, l’IoT avancé et certains mini-PC industriels, mais sans aucune ambition de rivaliser avec Panther Lake sur le terrain du client haut de gamme.